Centre commerciaux, artères commerçantes, port du masque, mesures de distanciation : on y voit plus clair concernant la réouverture des commerces, maintenue ce lundi 11 mai. En revanche, rien à l'horizon concernant l'Horeca.

Ce 11 mai marque, pour beaucoup, une étape importante du déconfinement progressif de la Belgique. Notamment parce que c'est à compter de ce lundi que l'ensemble des commerces seront autorisés à rouvrir leurs volets baissés depuis le 18 mars dernier (à l'exception des enseignes alimentaires ou essentielles, comme les pharmacies, ainsi que des merceries et magasins de tissu, rouverts depuis ce lundi 4 mai). C'était, déjà, ce qui avait été annoncé au terme du Conseil national de Sécurité le vendredi 24 avril dernier.

Mais l'on en sait désormais plus sur la nature de cette réouverture massive du 11 mai, qu concernera les magasins mais aussi les centres commerciaux. Et surtout les "conditions très strictes", dixit la Première ministre Sophie Wilmès seront de mise pour éviter un rebond de l'épidémie de coronavirus, dont nous sommes parvenus à limiter l'expansion dernièrement.

Première mesure à épingler : la visite dans le magasin devra durer 30 minutes tout au plus. Un seul client sera autorisé par 10m2. Il faudra y faire ses achats seul(e), mais une exception reste tolérée pour les enfants de moins de 18 ans et les personnes nécessitant du soutien. Il ne sera pas imposé d'y porter un masque comme dans les transports en commun, mais "le port d'une protection couvrant la bouche et le nez y sera vivement conseillé". Les mesures de distanciation sociale devront être, bien entendu, respectées dans les commerces. L'employeur sera responsable de l'organisation du respect de ces mesures, tant pour son personnel que ses clients. Ceci implique la gestion des flux dans les boutiques, le but étant bien entendu d'éviter un effet de foule.


Il est aussi recommandé de faire ses achats dans des commerces établis à proximité de son domicile. Le gouvernement invite à maintenir le système de priorité actuellement en vigueur dans les supermarchés : les personnes de plus de 65 ans, ainsi que le personnel médical ne doivent, selon nos autorités, pas faire la file avant de pénétrer dans un commerce.

Concernant les marchés, ils n'auront pas lieu avant le 18 mai prochain. Pareil pour les musées, mais aussi les métiers de service où le contact physique est indispensable, comme les coiffeurs ou les tatoueurs. Les marchands ambulants, avec l'accord des autorités communales, pourront, eux, en revanche, bien reprendre leurs activités dès ce 11 mai.

Concernant l'Horeca, les bars, cafés, restaurants, le gouvernement n'a apporté aucune précision supplémentaire : ils restent fermés jusqu'à nouvel ordre.

Crainte des syndicats

Les syndicats craignent un peu cette réouverture parce que, contrairement à l'alimentaire, dans le non-alimentaire, il s'agit souvent de petites surfaces avec peu de personnel qui devra lui-même mettre les procédures en place et les faire respecter, note la CNE. Notamment le filtrage à l'entrée pour que le quota de maximum une personne par 10 m² ne soit pas dépassé. "De ce fait, le personnel craint une forme d'agressivité dans le chef des clients et une surcharge de travail. Il craint aussi de ne pas avoir de matériel de protection en suffisance sur la durée, c'est-à-dire dans les semaines qui vont suivre celle de la réouverture."

Les syndicats s'interrogent aussi sur la non obligation du port du masque pour les clients. Surtout qu'avec le déconfinement, ceux-ci ont tendance à moins respecter les mesures de distanciation, ajoute la CNE. "Certains commerçants vont imposer le port du masque à leurs clients, mais sans doute n'iront-ils pas jusqu'à refuser l'entrée à ceux qui n'en seraient pas munis comme dans les gares et transports en commun. Il n'empêche, le masque est une mesure supplémentaire mais qui ne doit pas empêcher le respect des mesures de base".