Correspondant en allemagne

Eon persiste plus que jamais à vouloir reprendre l'Espagnol Endesa. Pour s'assurer la majorité, le numéro un allemand de l'énergie est prêt à racheter les parts de ses détracteurs Acciona et Enel. "Si Acciona nous offre ses 21 pc, nous les prendrons", a lancé, tout combatif, le président Wulf Bernotat à la conférence de presse annuelle du groupe à Düsseldorf. Le patron d'Eon a soigneusement évité de dévoiler ses batteries. Veut-il parer l'attaque d'Enel qui a pris 22 pc des parts d'Endesa en rachetant à son tour jusqu'à 25 pc du groupe italien ? "Nous ne commentons pas des rumeurs de marché", réplique-t-il, affirmant que, pour l'instant, il n'a pas d'actions d'Enel.

En tout cas, Eon fait preuve de flexibilité. Il a renoncé à son exigence de faire abolir la limitation du droit de vote de 10 pc chez Endesa. Du coup, l'Espagnol a décommandé l'assemblée générale extraordinaire du 20 mars qui devait agir en ce sens. "Nous avons encore des chances d'obtenir plus de 50 pc d'Endesa", insiste le patron allemand.

Les actionnaires ont jusqu'au 29 mars pour offrir leurs parts à Eon et celui-ci a jusqu'au 3 avril pour apprécier le résultat de l'OPA. "Nous avons le droit de réclamer un prolongement, mais nous ne le ferons pas", a poursuivi le président. Si Eon rate la majorité, il aura le droit de racheter 6 pc du capital sur le marché.

Wulf Bernotat n'exclut aucune issue : "Il est théoriquement possible que nous renoncions tout à fait, mais nous pourrions aussi accepter une position minoritaire et puis négocier avec Enel et Acciona". En d'autres mots, la foire d'empoigne va continuer de plus belle. Devant la presse, le président a aussi détaillé la proposition des grands groupes d'électricité allemands de réunir leurs réseaux de distribution dans un marché-clé européen incluant la France, le Benelux, l'Autriche et la Suisse. Ils espèrent pouvoir ainsi convaincre la Commission européenne de renoncer à ses plans d'enlever les réseaux aux producteurs d'électricité. Eon est bien capable de vivre sans Endesa. En 2006, son chiffre d'affaires a progressé de 21 pc à 67,8 milliards d'euros; certes, à cause d'importantes plus-values réalisées en 2005 sur des ventes d'actifs, le bénéfice net 2006 a reculé de 32 pc à 5,1 milliards, mais sans éléments exceptionnels, il a augmenté de 20 pc à 4,4 milliards d'euros.