Faire barrage à "la grande distribution" en gardant Bio C'Bon dans le giron d'un "réseau bio spécialisé", c'est l'argument de Biocoop, le leader du secteur qui se prévaut du soutien d'élus locaux. Il s'est associé avec un autre spécialiste, Marcel&Fils, surtout implanté dans le sud-est de la France, notamment pour se prémunir contre des objections de l'Autorité de la concurrence.

Les deux enseignes prévoient de reprendre 105 magasins, 72 pour Biocoop et 33 pour Marcel&Fils. Et "100% des salariés, dans les magasins, à la logistique ou au siège", selon le président de Biocoop, Pierrick De Ronne. Ils ne reprennent en revanche pas l'outil logistique et le siège, car "si la situation en est là, c'est en raison de ces outils un peu surdimensionnés".

Dans un premier temps, les deux offrants ont proposé un prix de cession, qui sert notamment à apurer le passif de Bio C'Bon, très bas, à 15 euros pour Biocoop, 11 euros pour Marcel&Fils. Selon Pierrick De Ronne, ils ont prévu de l'"augmenter substantiellement". Sont en outre prévus respectivement 13,3 millions d'euros et 10 millions d'euros d'investissements pour rénover le parc repris.

Carrefour: gros investissements

Représentant de cette "grande distribution", Carrefour s'appuie sur l'expertise de son "monsieur Bio" Benoît Soury, ancien dirigeant de La Vie claire, pour défendre un projet de reprise large: 107 points de vente ainsi que le siège du groupe repris, solutions de reclassement "proposées à 100% des salariés travaillant sur les sites d'Aix-en-Provence et d'Athis-Mons", soit au total 1.029 salariés repris ou reclassés.

En termes d'investissements aussi, Carrefour affiche ses ambitions: prix de cession global de 40 millions d'euros, auquel s'ajoutent plus de 34 millions d'euros d'investissements, le tout "financé sur fonds propres".

Zouari: 120 magasins repris

Le groupe Zouari, franchisé du groupe Casino et actionnaire des surgelés Picard, chiffre le prix de cession global à 2,5 millions d'euros. Il prévoit de reprendre 120 magasins, soit 100% du parc, "100% du personnel des magasins" et "100% du personnel de la logistique et l'ensemble du personnel administratif", selon un courrier aux salariés consulté par l'AFP.

Avec à la baguette l'ancien directeur général de Biocoop Gilles Piquet-Pellorce, Zouari promet en outre "70 millions d'euros" d'investissements, "sur fonds propres", notamment pour la rénovation des magasins. Ainsi que l'ouverture du capital de la structure de reprise aux salariés, à hauteur de 5%.

Le groupe propose enfin aux quelque 2.850 particuliers qui avaient investi pour le développement de l'entreprise et craignent de perdre leur mise - qu'ils évaluent au total à 114 millions d'euros - "d'investir dans une holding actionnaire de la structure de reprise et de bénéficier d'une clause de liquidité pour leurs titres".

Auchan: la discrétion

Le distributeur alimentaire de la galaxie Mulliez a déposé une offre portant sur 57 magasins et 318 emplois, notamment en Ile-de-France (38 magasins, 220 emplois). Auchan explique vouloir ainsi "aller vers ses clients à travers un maillage de magasins implantés au coeur des lieux de vie de ces derniers", et "conquérir de nouveaux clients ayant des aspirations pour le consommer mieux, sain et local".

Il exploiterait les magasins repris "sous l'une des enseignes du groupe Auchan", indique-t-il en précisant qu'y serait mis "l'accent sur l'offre de produits Bio", et propose un prix de cession de 5 millions d'euros. Il n'indique pas l'investissement qu'il souhaiterait réaliser au sein du réseau Bio C'Bon en cas de reprise.

Naturalia refroidi par des "zones d'ombre"

Un autre cador s'était fait connaître, le groupe Casino via son enseigne spécialisée Naturalia. Associée avec Bernardo Sanchez Incera, ancien dirigeant de Monoprix ou Zara France, l'enseigne prévoyait de reprendre au total 85 magasins dont 28 pour Naturalia.

"Nous avons estimé que des zones d'ombre multiples ne permettent pas de conclure à l'absence de risques sur cette reprise", a expliqué le patron de Naturalia Allon Zeitoun début octobre.