Responsabilité sociale et confucianisme

Entreprises & Start-up

Patrick Van Campenhout

Publié le

Responsabilité sociale et confucianisme
© Johanna de Tessières

Les septièmes Ateliers de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) se sont tenus mercredi dans le cadre rénové des «Ateliers des Tanneurs». Cette conférence-débat organisée conjointement par le Centre d'Etudes et d'Action pour la Cohésion sociale (CEDAC), en partenariat avec «La Libre Belgique», était consacrée à la perception de la RSE en Chine. Les principes de la RSE sont-ils connus en Chine? Sont-ils appliqués, exploitables du point de vue des entreprises? Les deux interlocuteurs présents ont exposé à ce propos des points de vue différents, mais pas réellement opposés. Pour Jean Ruffier, directeur du Centre franco-chinois de Recherche en gestion (IAE, Université Jean Moulin Lyon 3), comme pour Wang Dan, Docteur en Administration publique de la Renmin University of China (RUC), l'approche de la question doit avant tout passer par un apprentissage de la culture chinoise. «Notre pays est immense, et ses traditions séculaires», a expliqué Mr Wang. Il a ensuite expliqué qu'une certaine forme de responsabilité des entreprises était en vigueur dans les entreprises, selon cinq principes hérités du confucianisme, et adaptés au monde des affaires: la sécurité et la santé des employés, la protection de l'environnement, l'égalité des droits, mais aussi la qualité de la production et la recherche technologique! Une sorte de RSE culturelle mâtinée de principes de management. Ce dernier explique encore que l'approche de la RSE doit aussi être considérée en Chine à la lumière de la transition rapide de l'économie d'Etat vers l'économie de marché après 1978.

«Atelier du monde»

Jean Ruffier a exposé un point de vue plus direct sur les entreprises en sériant celles-ci. Les unes, entreprises d'Etat, fonctionnent «en famille», avec la présence «du «syndicat chinois qui n'est pas présent dans les entreprises privées. «Ces entreprises privées sont celles qui fonctionnent avec les clients étrangers, celles qui donnent à la Chine son statut d'«atelier du monde». Et elles fonctionnent comme les entreprises européennes à la fin du XIXe siècle», a-t-il précisé. Ici, on fonctionne au rendement, à la marge, à la survie, même. Sans tenir compte de paramètres non imposés qui auraient avant tout un impact sur le prix de revient. Aucune lueur d'espoir? «Il y en a», explique Anne Peeters, spécialiste de la RSE dans le monde du travail. Les deux interlocuteurs présents ont souligné l'impact de l'imposition de normes par les entreprises clientes, et celui d'opérations du type «vêtements propres». L'impulsion peut venir de l'étranger, mais l'interlocuteur privilégié, celui qui a une réelle influence sur le comportement des entreprises reste l'Etat. Un exemple? Dans le secteur textile, la Chine vient d'adopter une norme «CSC 9000», calquée sur une norme européenne «SA 8000», qui définit l'adhésion à certains codes. «Il y a un commencement à tout», rappelle encore Anne Peeters.

© La Libre Belgique 2006

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