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La direction des Éditions de L'Avenir a répondu mardi de manière musclée, par le biais de trois courriels distincts, aux revendications du personnel, annonce la rédaction dans un article posté mardi sur internet. 

Cette dernière estime que cela "ressemble furieusement à une déclaration de guerre". Une assemblée générale du personnel est convoquée ce mercredi en fin de matinée. Alors qu'un préavis de grève de 14 jours (voté à la quasi unanimité lors d'une assemblée générale du personnel le 3 juillet dernier) arrive à échéance, "la direction vient d'y répondre, avec menaces et tentatives musclées de mise au pas", note la rédaction.

Dans un premier courriel adressé aux délégués de l'Association des journalistes professionnels (AJP) et de la Société des rédacteurs (SDR), la direction considère le préavis de grève comme "irrecevable", "disproportionné". Et le juge également "injustifié, car il postule une immixtion dans des domaines de compétence qui relèvent tantôt du management, tantôt du plan de redressement finalisé et validé par les représentations syndicales", révèle la rédaction.

D'autres mails ont par ailleurs été envoyés aux organisateurs des assemblées générales, dont le président de la SDR, Emmanuel Wilputte. La direction annonce que des règles devront dorénavant être "strictement respectées" pour la tenue d'assemblées du personnel. Il sera ainsi dorénavant interdit aux représentants des journalistes de convier d'autres catégories de personnel. Par ailleurs, la direction réclame d'être avertie au moins 48 heures à l'avance de la tenue d'une AG, qui devra obtenir un accord préalable. En outre, toute participation à une assemblée du personnel considérée comme pirate par la direction "sera considérée comme une absence injustifiée du poste de travail et ne sera pas rémunérée".

Quant à la dernière lettre, transmise sous forme de recommandé, elle était destinée à la secrétaire générale de l'AJP Martine Simonis. Il lui est reproché "d'exercer une activité syndicale parallèle aux représentations existantes". Pour cette raison, ni elle, ni aucun représentant de l'AJP non membre du personnel, ne peut dorénavant "accéder aux bâtiments sans s'être annoncé et identifié à la réception, et avoir été autorisé à entrer". Et d'ajouter que "l'AJP, en tant qu'association, n'est plus tolérée dans les assemblées du personnel de la rédaction".

"Cette assemblée (de mercredi), la direction en a été dûment informée", a rétorqué Mme Simonis au micro de La Première (RTBF). "Les actions possibles seront tout à fait légales. (...) Nous ne sommes pas des sauvages. On agit dans un cadre conventionnel, mais qui n'est pas un cadre syndical. Et je pense que c'est ça qui dérange les Éditions de l'Avenir. Cet employeur ne veut discuter qu'avec les organisations syndicales. Or, les journalistes se sont toujours donnés une union professionnelle comme organe représentatif."

"Voilà qui ressemble furieusement à une déclaration de guerre", conclut la rédaction. "Pas tellement de la direction de notre journal, qui exécute des ordres de mise au pas de la rédaction 'manu militari', mais directement de Nethys et de ses dirigeants", indique-t-elle encore, précisant que "l'ambiance est devenue irrespirable dans l'entreprise".