Les cadres des Editions de l'Avenir (EDA) ont été menacés d'être licenciés s'ils continuaient à refuser de travailler avec le directeur des rédactions, a appris mercredi l'agence Belga. 

"Le problème ne vient pas de l'équipe, mais de l'entraîneur", alertent les délégués de l'Association professionnelle des journalistes (AJP) et de la Société des rédacteurs des EDA dans une lettre adressée à la direction du média, propriété du groupe Nethys. Fin octobre, la direction des EDA avait annoncé son intention de supprimer 60 équivalents temps plein sur un total de 280 travailleurs. Dans la foulée, le personnel avait décidé à l'unanimité, moins deux abstentions, de ne plus considérer le directeur des rédactions comme interlocuteur pertinent dans le cadre de son travail quotidien. Le conseil d'administration avait lui maintenu sa confiance envers Philippe Lawson.

Cette semaine, les chefs de service ont été conviés à un atelier pour préparer la nouvelle maquette du journal. Mais quand ils ont vu que Philippe Lawson était présent, ils ont tourné les talons.

A la suite de cet épisode, l'ensemble des cadres de la rédaction a reçu un courriel les prévenant que tout refus de participer ou toute participation "non respectueuse" aux prochains ateliers seraient considérés comme des manquements professionnels, a relaté une source interne à Belga.

Les délégués de l'AJP et de la Société des rédacteurs des EDA "ne peuvent rester muets" face à ces "menaces non voilées", ont immédiatement réagi ceux-ci dans une lettre à la direction, dont Belga a obtenu copie.

"L'AJP et la SDR tiennent par la présente à marquer leur soutien total à des chefs de services constructifs, qui ont à de nombreuses reprises motivé leurs réserves par rapport à M. Lawson, sur base d'éléments objectifs, et certainement pas émotionnels. Leur but, tout comme celui des équipes, est de faire avancer les chantiers, cela leur semble impossible de le faire avec le directeur des rédactions", poursuivent les auteurs du courrier.

"Le problème ne vient pas de l'équipe, mais de l'entraîneur. Virer l'équipe relèverait pour le moins d'une méthode originale, dont l'effet productif laisse songeur. (...) L'équipe ne se résume donc pas à des cadres qui, eux, ont la confiance du personnel. Résoudre un problème en considérant qu'il n'existe pas, ne risque pas d'améliorer une situation déjà tendue."

Le protocole d'accord entre les représentants syndicaux et la direction validé en décembre prévoit le licenciement de 45 équivalents temps plein au lieu des 60 annoncés, avec une priorité pour les départs volontaires. Actuellement, les Editions de l'Avenir sont toujours la propriété de Nethys, filiale de l'intercommunale Enodia (ex-Publifin).