Le climat se détériore entre les socialistes flamands et certaines banques belges. Hier, la ministre de la Protection de la consommation, Freya Van den Bossche (SP.A), a estimé qu'ING enfreignait le code de déontologie applicable dans le secteur financier en matière de publicité.

Depuis plusieurs mois, la banque propose un jeu appelé "Le compte est bon", à l'attention des élèves du 3e degré de l'enseignement primaire. "Le but du jeu est de sensibiliser les enfants à l'importance d'une bonne gestion du budget, à l'utilité d'épargner et à la façon d'appréhender l'argent", indique la banque.

Mais en répondant à une question des parlementaires Dominique Tilmans (MR) et Véronique Ghenne (PS) hier à la Chambre, la ministre Van den Bossche a estimé qu'ING ne respectait pas les principes fixés dans le code de déontologie. Car, selon une information du quotidien "Le Soir", la banque propose à des directions d'écoles de recevoir une rétribution pour chaque "compte épargne" ouvert au nom d'un élève, officiellement pour récolter de l'argent en prévision d'un voyage scolaire ou de toute autre activité. L'action entre dans le cadre du jeu "Le compte est bon".

Les députées qui interrogeaient la ministre se sont demandées s'il ne fallait pas couler les principes du code dans la loi afin de pouvoir sanctionner les contrevenants. Mais avant de se prononcer définitivement, la ministre attend l'avis de son administration. Si cette dernière conclut que la banque enfreint effectivement le code, des sanctions seront possibles sur base du code lui-même, a-t-elle indiqué.

Citibank dans la ligne de mire

Cette mise en cause d'ING survient après une passe d'armes entre le SP.A et Citibank. La semaine dernière, le député socialiste flamand Hans Bonte avait accusé la banque d'enfoncer dans la pauvreté des gens déjà en difficultés financières, en les poussant à emprunter davantage. Lundi, le président du SP.A, Johan Vande Lanotte, avait parlé de "pratiques douteuses" dans le chef de Citibank. Mercredi, à la chambre, Freya Van den Bossche a indiqué que 164 plaintes avaient été déposées à l'encontre de la banque entre 2004 et 2006 et que deux "pro justitia" avaient été dressés dans le cadre de l'enquête qui avait suivi. "Pour des faits non passibles d'une sanction pénale, le ministre de l'Economie peut retirer ou suspendre l'agrément du prêteur, a-t-elle ajouté. L'enquête permettra de décider quelles mesures s'imposent."

Citibank, elle, indique qu'"à peine 60 pc des demandes de crédit sont acceptées" et que "chaque dossier fait l'objet de vérifications légales et internes, telles que la consultation de la centrale positive de crédit". Et d'ajouter qu'après les deux "pro justitia", aucune des plaintes n'a été suivie d'autres étapes judiciaires.

(avec Belga)