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Le gouvernement britannique a échoué mercredi à placer totalement un emprunt sur le marché obligataire pour la première fois depuis des années, un événement embarrassant et potentiellement inquiétant alors que la dette publique du Royaume-Uni est en train d’exploser. Selon certains gestionnaires, c’est inquiétant d’ailleurs pour tous les Etats forcés d’émettre de la dette pour financer leurs plans de relance Mais, techniquement, trop de dette émise déséquilibre un marché où la demande est limitée. Un ajustement des rendements conduirait aussi à une perte de valeur de la masse émise. Un scénario risqué, bien sûr.

En l’occurrence, le Bureau de gestion de la dette (Debt Management Office, DMO), l’agence gouvernementale chargée d’émettre la dette de l’Etat britannique sur le marché obligataire, qui voulait placer un emprunt 1,75 milliard de livres remboursable en 2049, n’a réussi à écouler auprès des investisseurs que 93 pc de cette somme, soit 1,63 milliard de livres. C’est la première fois depuis 2002 qu’un "gilt" (emprunt d’Etat britannique) ne trouve pas complètement preneur, et même depuis 1995 pour la catégorie des emprunts non indexés sur l’inflation, dont faisait partie celui de mercredi. L’affaire est très embarrassante pour le gouvernement britannique, alors que les critiques se multiplient contre l’explosion de la dette et du déficit budgétaire, et contre l’adoption d’un nouveau plan de relance coûteux lors du budget 2009, qui sera présenté fin avril. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE), Mervyn King, a lui-même lancé mardi un avertissement très sévère au gouvernement, affirmant que l’Etat ne pouvait pas se lancer les yeux fermés dans un autre plan de relance massif. (Belga)