Le président de la nouvelle Alitalia, Roberto Colaninno, est un pilier du capitalisme italien, qui a défrayé la chronique en lançant une OPA géante sur Telecom Italia à la fin des années 1990 et a récemment redressé le célèbre fabricant de scooters Piaggio.

Plutôt marqué à gauche (son fils Matteo est une étoile montante du principal parti d'opposition), Roberto Colaninno n'a cependant pas hésité à répondre, avec d'autres patrons italiens, à l'appel de Silvio Berlusconi pour sauver Alitalia, au bord du gouffre après le retrait de l'offre de rachat d'Air France-KLM en avril. Né en 1943 à Mantoue (Lombardie, nord), il débute sa carrière comme comptable avant d'entrer chez un équipementier automobile dont il devient le patron. Roberto Colaninno en obtient 51% du capital et prend la tête de l'opérateur avant de tomber à peine deux ans plus tard sous l'assaut du fabricant de pneus Pirelli et de son dirigeant Marco Tronchetti Provera. Le patron déchu - visage joufflu et fines lunettes - se réfugie alors dans la société immobilière Immsi dont il prend le contrôle avant de s'emparer en 2003 du constructeur de deux roues Piaggio qu'il redresse pour en faire le leader européen du secteur.