Depuis plus de cinquante ans, les célèbres antennes de Wavre sont l'un des symboles de la RTBF. Aujourd'hui encore, les bons vieux émetteurs de la chaîne publique restent le passage obligé pour regarder et écouter la RTBF. Les allures désuètes du site sont toutefois trompeuses. Le site brabançon est en pleine mutation. Désormais, il incarne le renouveau technologique de la radio-télévision publique. Les émetteurs ont en effet été modernisés pour, d'ici la fin de 2011, assurer le passage de la diffusion analogique à la diffusion numérique.

C'est donc logiquement depuis Wavre que, vendredi, la RTBF a officiellement donné le coup d'envoi à un nouveau mode de diffusion et de réception de ses chaînes : la TNT (télévision numérique terrestre). En test depuis plusieurs mois, la TNT ertébéenne est désormais sur orbite. "On couvre environ 80 pc de la population de la Communauté française, a expliqué Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF. Il reste des zones d'ombre malgré un investissement de 3,5 à 4 millions d'euros. Mais on a prévu d'investir le même montant pour atteindre une couverture de la TNT supérieure à 90 pc." La couverture devra être quasi optimale lorsque, en novembre 2011, la Communauté française procédera à l'extinction de la diffusion audiovisuelle en mode analogique.

Au nom du service universel

En plein essor chez nos voisins français, la TNT reste méconnue chez nous. Sa particularité est de fonctionner sur le mode des ondes terrestres ou hertziennes. Or, en matière de télé, la population belge n'a connu jusqu'ici qu'un seul mode de réception des programmes TV : le câble. Plus de 95 pc de la population est câblée. En Communauté française, on estime entre 4 et 5 pc, seulement, la part de la population recevant ses programmes par voie (analogique) hertzienne. De surcroît, le câble est en voie de numérisation. Le satellite et l'ADSL constituent par ailleurs des alternatives de plus en plus crédibles.

Alors, pourquoi faire le choix de se lancer dans la TNT ? "L'objectif n'est pas de concurrencer les offres du câble ou des opérateurs télécoms, mais de proposer un service complémentaire qui offre des atouts spécifiques. Il s'agit aussi d'introduire le numérique dans notre mission de service universel", répond Jean-Paul Philippot.

Concrètement, moyennant un investissement unique inférieur à cent euros (adaptateur et petite antenne disponibles dans le commerce), le téléspectateur optant pour la TNT pourra, via son téléviseur ou son ordinateur (avec clé USB appropriée), avoir accès gratuitement à un "bouquet" de quatre chaînes en qualité numérique : La une, La deux, La trois (reprenant, à l'instar de RTBF Sat, les productions propres de la chaîne) et EuroNews. Les cinq radios de la RTBF seront également disponibles. A terme, deux autres chaînes (Arte et TV5 sont en lice) pourront compléter le bouquet. L'atout majeur de la TNT est la portabilité, à savoir la capacité - que ne possède pas le câble ou l'ADSL - de pouvoir visionner les programmes sur de petits récepteurs qu'on peut facilement emporter au fond du jardin, dans le métro, dans une caravane, etc. Comme le clame le slogan de la RTBF, la TNT va faire bouger votre télé !

Renseignements : Web www.rtbf.be/tnt, télétexte de la RTBF (page 107) ou 070.22.22.90.

© La Libre Belgique 2007