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Ryanair réclame 1 million d'euros

Philippe Lawson

Publié le - Mis à jour le

Nouvelle tempête dans le ciel de l'aéroport de Charleroi. Mardi, on apprenait que Ryanair a décidé de suspendre toutes ses réservations à partir et vers l'aéroport carolo dès le 12 novembre. Sur son site Internet, la compagnie aérienne à bas tarifs, opérateur majeur actif à Charleroi, confirme avoir pris cette décision "en attendant la résolution des problèmes qui ont causé la fermeture de l'aéroport pendant le week-end du 15 -17 juin dernier, et ainsi l'annulation des vols pour plus que 22 500 passagers".

Elle précise qu'elle ne reprendra ses vols que si et seulement si elle reçoit l'assurance qu'aucune grève n'entraînera plus, à l'avenir, le blocage du site. Elle réclame, à cet effet, un plan d'urgence pour éviter toute mauvaise surprise. "Nous ferons tout pour consolider l'accueil de Ryanair à Charleroi, mais nous ne pouvons pas être responsables d'une grève qu'on peut qualifier de cas de force majeur. Il y a même eu un accord et Ryanair avait même salué l'action du gouvernement wallon. Il serait donc malvenu qu'un partenaire vienne mettre à mal un partenariat win-win pour toutes les parties (Ryanair, aéroport, passagers, etc.)", nous a confié le ministre wallon André Antoine (CDH), en charge des aéroports wallons.

Selon nos informations, la compagnie aérienne irlandaise exige également un dédommagement fixé à un million d'euros. Les dirigeants du site se refusent à tout commentaire. Mais ils soulignent qu'ils essaient de trouver des solutions pour remédier à ce qui apparaît, à première vue, comme un gros nuage dans le ciel de la BSCA, société gestionnaire de l'aéroport.

La situation est d'autant plus préoccupante qu'une source nous a indiqué que l'administrateur-délégué de BSCA, en vacances en Grèce, a décidé d'écourter son séjour pour revenir sur le tarmac carolo dès ce mercredi. Il aurait déjà pris rendez-vous avec Michael O'Leary ce jeudi à Dublin. Des observateurs se doutaient bien que Ryanair et son bouillant commandant de bord O'Leary allaient réagir à la grève de juin dernier que la compagnie avait jugée illégale et injustifiée. L'action avait été initiée par les agents du Met: ils reprochaient au ministre André Antoine de vouloir privatiser la sécurité dans les aéroports wallons. Le projet de ce dernier visait à garantir l'unicité de gestion des aéroports régionaux en confiant la maîtrise des activités sur les différents sites aux sociétés gestionnaires respectives. A la suite de la grève, il a donné des garanties (emploi, etc.) aux agents, son projet s'est mué en la création d'une filiale à Charleroi et à Liège pour piloter les activités liées à la sécurité sur les deux sites. Les deux filiales seront contrôlées à 51 pc par les pouvoirs publics, les 49 pc restant de l'actionnariat seront aux mains de BSCA (Charleroi) et de SAB (Liège-Airport).

L'attitude de la compagnie paraît donc incompréhensible, d'autant plus que Charleroi constitue une poule aux oeufs d'or pour elle et où elle ne cesse d'ouvrir ou de renforcer ses liaisons. "Il devient urgent d'avoir une réunion pour clarifier les textes remis le 7 août aux syndicats sur la filialisation des activités de sécurité. Ceux-ci doivent respecter l'esprit de l'accord qui avait été signé en juin, sans quoi, ça va dégénérer", nous a indiqué Francis Wégimont, secrétaire général de la CGSP.

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