Il y a dix ans, la Belgique vivait un novembre noir avec le crash de la Sabena, trahie par son partenaire suisse Swissair mais aussi et surtout par une culture d’entreprise rendue obsolète par la libéralisation du transport aérien et l’avènement de nouvelles formes de concurrence. Car la faillite de la Sabena, c’est aussi et surtout la faillite d’une gestion publique par l’Etat qui utilisait sa compagnie nationale comme un instrument politique au détriment des réalités du marché, créant au fil des décennies des pertes à répétition, un faux sentiment d’invulnérabilité.

Dix ans plus tard, l’aéroport de Bruxelles-National a retrouvé des couleurs. La compagnie Brussels Airlines a, elle, démontré la capacité de créer chez nous une nouvelle compagnie, certes plus modeste mais sur des bases assainies.

Dix ans plus tard, une question demeure pourtant : y a-t-il un "mal belge" qui touche les administrateurs censés contrôler nos entreprises en combinant vision, indépendance et esprit critique ? Car après la Sabena, où les Belges étaient majoritaires au CA, notre pays a encore vécu avec Fortis et Dexia - ici aussi des aventures transfrontalières - la débâcle de deux de ses principales banques.

Aucun autre pays européen n’a connu pareille hécatombe en dix ans. A l’heure où l’Etat a repris sous son aile Dexia Banque et où le contribuable est mis à contribution, l’ouverture d’un débat sans tabou sur la qualité de nos administrateurs, publics ou non, s’impose. En allant cette fois au-delà de simples "mesurettes".