Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez, a été mis sur le gril lors de l’assemblée qui s’est tenue hier à Paris. Les questions les plus virulentes ont porté sur sa rémunération et en particulier sur les stock options auxquelles il a eu droit. Un actionnaire a jugé "très mal venue" la plus-value de plusieurs millions d’euros dont bénéficierait le CEO du groupe énergétique. Un autre a chiffré à 5,4 millions d’euros le montant des stock options levées en septembre 2008, voyant dans la pratique des stock options "une absence d’équité et de justice sociale". Surtout dans le contexte actuel.

Gérard Mestrallet ne s’est pas laissé démonter, affirmant ne pas connaître le montant exact de la plus-value et renvoyant les plus curieux au rapport annuel où se trouvent tous les détails. Il a aussi fait comprendre qu’il "croyait" ne pas avoir démérité, rappelant que Suez, qui était à l’origine une banque, était devenu le 17e groupe industriel mondial. Il a aussi annoncé que les 19 membres du comité exécutif venaient de renoncer aux stock options pour l’exercice 2009. De plus, lui-même et le vice-président Jean-François Cirelli, ont renoncé à leurs stock options attribuées en 2008.

Il a aussi été interrogé sur le niveau d’endettement du groupe qui est passé de 17 à 29 milliards d’euros et sur l’opportunité de rachat des actions pour 1,7 milliard en 2008. Pour lui, il ne faut pas comparer la situation de 2002, où le groupe Suez avait été fortement fragilisé notamment par la crise argentine, et celle d’aujourd’hui où la dette représente moins de 50 % des fonds propres. "Aujourd’hui, on a de la dette parce qu’on a beaucoup investi et beaucoup distribué aux actionnaires", a-t-il expliqué. Le dividende (2,20 euros par action) représente un montant global de 4,795 milliards d’euros. Pour lui, cette distribution est "compatible" avec la réalisation du programme d’investissement (30 milliards d’euros pour les trois années à venir).

Autre sujet abordé hier : le nucléaire. M. Mestrallet a été interrogé sur la taxe de 250 millions imposée par l’Etat belge. Il a rappelé que le groupe avait introduit un recours contre cette taxe devant la Cour constitutionnelle, estimant que le gouvernement belge n’avait pas tenu l’engagement pris dans le cadre la Pax Electrica II (signée au moment de la fusion Suez-Electrabel) de ne pas augmenter les impôts de manière spécifique. "Nous estimons avoir des chances, pas gigantesques, mais raisonnables," d’avoir gain de cause, a-t-il expliqué. Il s’est évidemment dit prêt à discuter du prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires. "Là on parlera de sérieux", a-t-il ajouté.

L’objectif du groupe est d’avoir un mix énergétique où le nucléaire, "une des technologies qui donnent le plus de visibilité", représente 20 % du total.

Juste après la clôture de la Bourse, il est aussi intervenu pour annoncer que le cours de GDF Suez avait progressé de 5 %. Une progression liée à l’annonce des résultats trimestriels qui ont fortement progressé grâce notamment à un hiver froid en Europe. Les ventes du groupe ont gagné 11,7 % en un an pour s’établir à 25,6 milliards d’euros au 30 mars 2009. Le résultat brut d’exploitation (Ebitda) a, lui, progressé de 14,7 % à 5,3 milliards d’euros sur la même période. GDF Suez confirme par ailleurs sa prévision de réaliser en 2009 un Ebitda "en croissance" par rapport à 2008, "en dépit d’une conjoncture économique et de prix de l’énergie déprimés".