Selon le groupe, le bénéfice opérationnel devrait atteindre les 12.300 milliards de won (9,03 milliards d'euros) entre juillet et septembre, contre 7.800 milliards au troisième trimestre 2019, une projection en ligne avec les attentes des analystes.

Il s'agirait de la performances trimestrielle la plus forte du géant sud-coréen depuis deux ans.

Samsung Electronics est le navire amiral du Groupe Samsung, qui est de loin le plus important des conglomérats ou "chaebols" sud-coréens. Le chiffre d'affaires total du groupe pèse à lui seul 20% du PIB de la Corée du Sud, 12e économie mondiale.

James Kang, analyste chez Euromonitor International Korea, a estimé que ces bonnes prévisions trimestrielles étaient à mettre sur le compte de la sortie en août des deux derniers appareils haut de gamme de Samsung, le Galaxy Note 20 et le Galaxy Z Fold 2, et de la performance solide des téléphones de milieu de gamme.

"Facteur majeur"

Mais le numéro un mondial des smartphones a aussi clairement profité des déboires de son concurrent Huawei.

Le géant chinois des télécoms doit en effet composer avec l'interdiction imposée par Washington de fournir Huawei en technologies d'origine américaine, en vigueur depuis plus de 18 mois et qui le prive d'approvisionnements en puces et logiciels capitaux pour la fabrication de smartphones et d'équipements 5G.

Les sanctions américaines contre Huawei sont désormais "un facteur majeur", ayant un réel impact sur le marché du smartphone, estime ainsi Kang Min-soo, analyste pour Counterpoint Research.

"C'est une bonne opportunité pour Samsung d'augmenter sa part de marché en Europe, où la concurrence est forte avec Huawei sur différents segments du marché", a-t-il ajouté.

Pour le géant sud-coréen, les sanctions américaines contre Huawei ont été une double bénédiction puisque que le groupe chinois a dû multiplier ses commandes de semi-conducteurs fabriqués par Samsung avant que les restrictions américaines n'entrent en vigueur.

"Huawei a fait environ six mois de réserves avant l'entrée en vigueur de l'interdiction américaine au 15 septembre", a expliqué à Bloomberg MS Hwang, expert chez Samsung Securities.

Surproduction de puces

"Les achats de Huawei contrebalancent la faiblesse de la demande en serveurs et rognent sur les réserves, ce qui devrait aussi avoir un impact sur les prix."

S'ils regardent plus loin, les experts s'attendent à une baisse du prix des puces, dont Samsung est le premier fabricant, ce qui devrait avoir un impact négatif sur sa performance au quatrième trimestre.

Le groupe est numéro un mondial des cartes mémoires et avait, sur le secteur des puces DRAM (utilisées dans les smartphones et les serveurs informatiques), une part de marché de 43,5% au deuxième trimestre, selon le cabinet TrendForce.

La demande en mémoire DRAM a été dopée du recours massif au télétravail et à l'école à la maison dans le contexte de la pandémie. Mais ces produits font désormais face à une forte surproduction, ce qui devrait entraîner une baisse des prix comprise entre 13% et 18% sur le dernier trimestre, selon TrendForce.

Autre défi que Samsung Electronics traîne comme un boulet depuis 2017, le sort judiciaire de son vice-président et de facto patron, Lee Jae-yong.

L'héritier du groupe, est actuellement rejugé dans le cadre du gigantesque scandale de corruption qui avait provoqué la destitution et l'incarcération de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye.

Il comparaît libre. Mais une éventuelle condamnation pourrait priver le groupe de son premier décisionnaire.

Samsung doit publier ses résultats pour le troisième trimestre, ainsi qu'une analyse détaillée de ses performances sectorielles, dans le courant du mois.

En dépit de ces prévisions optimistes, l'action Samsung Electronics était en recul de 0,5% jeudi matin.

Par Sunghee Hwang