Santander réfléchit à la mise en Bourse à Londres de ses actifs britanniques, ce qui pourrait lui permettre de compenser à l’étranger une hausse des pertes subies sur le marché espagnol, apprend-on de sources industrielles. Analystes et observateurs spéculent depuis un certain temps sur une cotation des actifs britanniques de Santander, qui pourraient être valorisés à 15 milliards de livres (17,1 milliards d’euros), après le succès de l’introduction de ses activités brésiliennes l’année dernière. Selon les sources, un certain nombre d’investisseurs institutionnels ont été sondés la semaine dernière sur l’introduction en Bourse d’Abbey, Alliance & Leicester et la branche épargne de Bradford & Bingley.

Le président de la première banque européenne Emilio Botin a déclaré qu’il visait une croissance essentiellement organique en Grande-Bretagne mais qu’il était prêt à saisir les opportunités qui pourraient surgir. Selon l’une des sources, il pourrait s’agir du rachat d’un réseau de 300 agences de la Royal Bank of Scotland. Les activités britanniques de Santander représentent quelque 16 % des bénéfices de la banque espagnole.

Un porte-parole de Santander s’est refusé à tout commentaire. Comme elle l’a fait au Brésil l’année dernière, la banque espagnole devrait sans doute conserver une participation majoritaire dans sa branche britannique. Ce qui est moins sûr, en revanche, c’est la question de savoir si Santander va mettre ce projet en œuvre alors qu’elle n’a que peu de visibilité sur les perspectives macroéconomiques et sur celles de la régulation. "Je pense qu’on en parle maintenant parce que Santander a besoin de réunir des provisions pour pertes sur crédit", commente Joseph Dickerson d’Execution. Andrew Lim, analyste de Matrix Group, juge qu’une cotation en Grande-Bretagne permettrait à Santander de préserver les résultats du groupe alors que celui-ci risque de devoir faire face à de nouvelles pertes et à des coûts de financement plus élevés.

Ces craintes se sont accentuées avec le déclenchement de la crise de la dette souveraine de certains pays de la zone euro. Le coût de l’assurance contre un défaut de Santander s’est creusé de deux points de base depuis vendredi, et a été multiplié par deux à 137 points de base depuis la mi-janvier. "Il s’agirait d’une manœuvre défensive de la part de Santander afin de lever des fonds destinés à contrebalancer la hausse des pertes sur crédit qui s’annonce sur le front espagnol et la hausse potentielle de leurs coûts de refinancement." (AFP)