In copper we trust. Telle est la devise de Cumerio, société belge spécialisée dans la fabrication de produits semi-finis en cuivre, née d'une scission du groupe Umicore en 2005. Cette confiance placée dans le cuivre semble justifiée, si l'on en croit les résultats annuels que l'entreprise a publiés hier à Bruxelles.

En 2006, le résultat net de Cumerio a connu une forte hausse : il est passé de 42,7 millions à 72,5 millions d'euros. Ces chiffres doivent beaucoup à la hausse du prix du cuivre, qui a atteint "un niveau record de l'ordre de 8 800 dollars (11 550 euros, NdlR) la tonne au cours du mois de mai 2006", rappelle Cumerio.

L'EBIT ("earning before interests and taxes"), soit le résultat opérationnel, a grimpé de 64,9 millions d'euros à 98,9 millions de 2005 à 2006. Quant au résultat opérationnel récurrent (REBIT, soit "recurrent earning before interests and taxes"), il passe de 25,1 pc en 2005 à 29,5 pc en 2006. Les investissements annuels ont atteint 48,5 millions d'euros et les dettes financières nettes 131,9 millions d'euros, contre 62,8 millions l'année précédente, soit un ratio d'endettement de 25 pc. L'activité de raffinage de cuivre a généré un EBIT de 93,2 millions d'euros.

Bond de 9,2 pc du titre

Par ailleurs, pour faire face à un manque de capacité de raffinage, Cumerio a décidé de "construire une nouvelle raffinerie de haute technologie, d'une capacité de production annuelle de 180 000 tonnes de cathodes". Son démarrage est prévu pour le 2e semestre 2008. L'entreprise prévoit aussi de "désengorger la fonderie de cuivre en portant sa capacité annuelle à 275 000 tonnes d'anodes", un investissement qui sera réalisé au second semestre 2007.

"Les résultats 2006 sont en ligne avec les attentes", estime Bernard Hanssens, analyste chez Degroof. "Mais les prévisions pour 2007 sont supérieures aux attentes du marché." Ce qui expliquerait le bond du titre hier en Bourse de Bruxelles : + 9,20 pc à 20,89 euros. "Dans ses lignes directrices pour 2007, Cumerio prévoir un REBIT compris entre 70 et 75 pc", explique Bernard Hanssens. "Or, pour y parvenir, il faut un revenu du raffinage qui soit supérieur aux attentes, c'est-à-dire compris entre 22 et 23 cents américains, au lieu des 19 à 21 cents attendus."

Lors de l'assemblée générale ordinaire qui se tiendra à Bruxelles le 26 avril 2007, la direction de Cumerio proposera aux actionnaires un dividende brut de 0,70 euro par action, en hausse de 16 pc par rapport à celui de l'année 2005.

Ph.G.