Le projet de fusion entre Suez et Gaz de France (GDF) est subitement sorti de l'oubli mardi à la faveur d'un article paru dans le "Financial Times". Le quotidien britannique affirme que, suite à l'aval reçu par le conseil d'administration le week-end dernier, Gérard Mestrallet, le patron de Suez, a écrit une lettre à Nicolas Sarkozy où il fait des propositions, peut-être les dernières, permettant de sortir ce dossier de l'impasse. Il ferait comprendre que si une solution n'était pas trouvée d'ici la fin de la semaine, il devrait chercher d'autres options. Il suggère notamment que l'Etat français transfère les actions qu'il détient dans Suez via ses sociétés publiques afin de gonfler la valeur du gazier français et ainsi résoudre le problème de la parité d'échange.

Suez a sorti un communiqué où il dément avoir formulé un ultimatum au Président français. "Depuis le mois de mai dernier, Suez a eu l'occasion de procéder à des échanges de vues avec la présidence de la République et les autorités publiques concernées, au sujet du projet de rapprochement entre Gaz de France et Suez... Ces discussions ont toujours eu lieu dans un climat serein et professionnel, et il n'a jamais été question d'un quelconque ultimatum", souligne le communiqué. Les services de Nicolas Sarkozy ont eux aussi indiqué au journal "Le Monde", n'avoir en effet reçu aucun "ultimatum" de Gérard Mestrallet.

Ce n'est en tout cas pas un hasard si ces informations sont sorties hier. Le conseil d'administration de Suez se réunit ce mercredi, à la veille de la présentation des résultats. Il examinera le "deal proposé", selon le "FT". Si Suez se sent pressé, c'est aussi parce que le délai de la mise en oeuvre des remèdes imposés par la Commission européenne - qui a déjà fait l'objet d'une prolongation - expire le 30 septembre.

Pour plusieurs spécialistes, la lettre de Mestrallet serait surtout destinée à rassurer les actionnaires de Suez, qui pourraient se lasser de l'incertitude actuelle. Reste à voir si elle convaincra Nicolas Sarkozy qui aurait dit en juillet être prêt à donner son accord à la fusion uniquement si Suez se séparait de son pôle environnement. Un scénario qui a toujours été rejeté par Gérard Mestrallet.