AU BOURGET

L'absence des ministres wallons au Bourget a certes déçu les entreprises wallonnes, mais elle n'a pas gâché leur enthousiasme et leur détermination à réussir leur salon. «Les entreprises disent que cela aurait été mieux s'ils avaient fait le déplacement, mais elles n'en font pas un drame. Cela dit, les échos sont tous positifs. Le Bourget est une belle histoire, en l'espace de 10 ans (le salon a lieu tous les 2 ans), le nombre de participants wallons a augmenté de 2,5 pc et la superficie que nous occupons a été multipliée par 3. Cette année, il y a 60 exposants dont 43 wallons (41 entreprises, 2 groupements, dont l'EWA et Wallonie Espace)», dit Philippe Suinen, patron de l'Agence wallonne à l'exportation (Awex). La présence de l'Awex intègre aussi un aspect international. Ses responsables ont rencontré le plus grand groupe aérien indien (HAL), le secrétaire d'Etat chilien à l'aviation, des Suédois et des Québécois.

Du côté des entreprises, la satisfaction est totale, tant de la part des grandes sociétés aéronautiques que chez les PME wallonnes. «Nous, les PME, ne sommes pas ici pour signer des contrats, l'intérêt de notre présence est double. Nous rencontrons nos clients belges et étrangers habituels, mais nous faisons aussi la connaissance de nouveaux partenaires. Au lieu d'aller chez nos clients à grands frais, nous les recevons au salon», raconte Jacques Thomas, administrateur délégué de Soudospace, filiale aéronautique du groupe Soudobeam.

Les dirigeants d'Amos sont également satisfaits de leur présence au salon, qui fermera ses portes dimanche, mais ils regrettent la faible présence des acteurs du spatial. «C'est un salon de marketing et de relations publiques. On y tisse les relations de bon entendement qui sont utiles lors de négociations sérieuses», renchérit Jean-Pierre Chisogne, directeur commercial de l'intégrateur spatial (équipements de test des satellites au sol, télescopes embarqués à bord des satellites, etc.).

Même contentement à la Sabca. «Nous participons déjà au projet de l'A 380 et notre présence au salon cette année nous a permis de renforcer les contacts avec Airbus pour le futur avion A 350», explique l'administrateur délégué, Raymond Pellichero.

Dumoulin Aero euphorique

Chez Dumoulin Aero, une PME, c'est l'euphorie. «C'est notre première participation au salon et nous en sommes ravis. Nous avons eu des contacts inespérés avec des clients belges et étrangers. Certaines choses devraient d'ailleurs se concrétiser dans le courant de cette année», sourit Geoffroy-Vincent Cammermans, directeur général de la petite société herstalienne.

L'aventure de Dumoulin Aero est presque un conte de fées. Pour survivre, l'entreprise, autrefois spécialisée dans la fabrication artisanale d'armes de chasse et de sport, a investi dans le secteur aéronautique il y a trois ans. Aujourd'hui, elle emploie 23 personnes, dont une vingtaine pour sa division aéronautique. Elle fabrique des liens, un des éléments des bords d'ailes d'avions et qui augmentent la portance de l'appareil. Ses éléments se trouvent à bord de l'A 380 via les sous-traitants du consortium européen, la Sonaca (Gosselies) et Asco (Zaventem). Elle espère participer au programme de l'A 350. «Avec les projets que nous avons, nous pouvons espérer passer à plus de 80 personnes dans les deux ans à venir», prévoit le patron. Mais Dumoulin Aero dit avoir du mal à trouver les ouvriers sur le marché de l'emploi. Elle a également besoin d'aides financières pour réaliser les investissements nécessaires à son essor (formation des ouvriers, achat de machines, etc.).

© La Libre Belgique 2005