Ce mercredi, la Chambre a approuvé majorité contre opposition le projet de loi relatif à la promotion de l'emploi qui permettra notamment la réalisation d'un saut d'index de 2% sur les salaires et les allocations. Cette loi entrera en vigueur après sa publication au Moniteur belge. Mais concrètement, quels seront les impacts pour les travailleurs? LaLibre.be a interrogé Bruno Colmant, économiste et membre de l'Académie royale de Belgique.


1. Une perte de pouvoir d'achat. Massivement rejeté par l'opposition, le saut d'index consiste en une neutralisation de l'inflation. "Pour illustrer ce concept, prenons la somme de 100 euros. S'il y avait eu une indexation automatique des salaires, le travailleur aurait gagné 2% en plus, soit 102 euros. Or, dans le cas d'un saut d'index, le salaire n'augmente pas. Si les prix des produits de consommation augmentent, on peut donc dire que le travailleur perd 2% de pouvoir d'achat", résume l'économiste. 

2. Une somme qui ne sera jamais récupérée. La somme perdue à cause de ce saut d'index ne pourra jamais être rattrapée. "Selon une étude du PTB, le montant perdu serait de 34.000 euros bruts pour un couple de travailleurs sur une carrière complète", poursuit-il.

3. Un gel des salaires. "Tous les travailleurs qui étaient soumis à l'indexation automatique des salaires sont concernés". Logiquement, les indépendants ne sont donc pas affectés par cette mesure. Mais cela ne signifie pas pour autant que tous les salaires seront systématiquement gelés. En effet, un patron peut décider dans le cadre d'une convention au sein de l'entreprise d'augmenter la rétribution accordée à ses travailleurs. 


Si le gouvernement espère réaliser environ 2,5 milliards d'économie avec cette mesure, le saut d'index n'impactera pas les travailleurs de sitôt. En effet, dans le secteur public, le dépassement de l'indice pivot (qui engendre l'indexation automatique des salaires) n'aura pas lieu avant l'année prochaine. Dans d'autres secteurs, ce saut d'index pourrait même ne pas avoir lieu avant 2017 étant donné que, pour l'instant, l'inflation est quasi nulle.