Après le parti populiste AfD, les libéraux du FDP et le parti d'extrême-gauche Die Linke dès lundi, les Verts sont désormais favorables à la création d'une telle commission, a déclaré mardi le député vert Danyal Bayaz à l'issue d'une audition extraordinaire sur ce scandale organisée par la commission des finances au Bundestag, la chambre basse du Parlement à Berlin.

"Nous avons besoin de clarté sur ce qui s'est passé, pourquoi le superviseur a failli et comment la supervision financière peut être mieux organisée à l'avenir", a quant à lui déclaré le co-président des Verts, Robert Habeck.

Un quart des 709 membres du Bundestag doivent être d'accord pour mettre en place une commission d'enquête.

Le FDP, les Verts et Die Linke, qui totalisent 216 sièges, n'ont donc pas besoin de s'appuyer sur les votes de l'AfD.

Dotée de pouvoirs d'investigation élevés, cette commission n'aura qu'un temps limité pour travailler, alors que les prochaines élections générales sont prévues dans un an.

Le scandale Wirecard a éclaté en juin quand la société, membre du prestigieux indice boursier Dax des plus grandes entreprises allemandes, a avoué que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'existaient pas.

Le titre a chuté depuis de 99% et la société fait désormais faillite.

Les créanciers devraient, eux, y laisser des plumes, car l'entreprise présente un surendettement de près de 2,8 milliards d'euros, selon un rapport de l'administrateur judiciaire remis fin août et dont la presse allemande a publié des extraits.

Gendarme du secteur financier, la BaFin se retrouve depuis le début de l'affaire sur la sellette, et le ministère des Finances qui assure sa tutelle, avec à sa tête le social-démocrate, Olaf Scholz, candidat à la Chancellerie, devra aussi s'expliquer.

Le rôle des auditeurs comptables d'EY sera aussi passé sur le grill.

La chancelière Angela Merkel avait pour sa part fait la promotion de la société lors d'un voyage en Chine en 2019 quand les irrégularités chez Wirecard n'étaient pas encore connues.

Mme Merkel n'a pas démenti vendredi ce qui relève d'une pratique courante lors de visites à l'étranger, ajoutant que "ce qui s'est passé doit, bien sûr, être clarifié".