Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a prévenu jeudi que des risques de dégradation continuaient de peser sur l'économie de la zone euro, en dépit d'une stabilisation hésitante de celle-ci.

La BCE avait auparavant maintenu son principal taux directeur à 0,50%, et au vu des risques continuant de peser sur la conjoncture, le conseil des gouverneurs "s'attend à ce que les taux d'intérêt restent à ce niveau ou plus bas sur une longue période", a dit M. Draghi.

Récemment, "les indicateurs de confiance ont montré une amélioration, partant de niveaux bas, et confirmé le scénario d'une stabilisation de l'économie", a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle à Francfort (ouest).

Mais les ajustements à l'oeuvre dans plusieurs pays de la zone euro, qui se traduisent par de grosses coupes budgétaires, "vont continuer à peser sur l'activité économique", a-t-il poursuivi, ajoutant que des "risques (continuaient) à peser" sur celle-ci. Parmi eux, le danger d'une évolution de la demande mondiale et en zone euro inférieure aux attentes.

Mais les politiques menées en zone euro portent leurs fruits, a jugé M. Draghi, estimant que "de manière générale, de gros progrès ont été faits depuis l'an dernier", sur le front de la consolidation budgétaire et des réformes structurelles. "Il s'est passé des choses en matière de réformes et de stimulation de la compétitivité", s'est-il félicité.

Tant que la situation économique restera fragile, et que les prévisions d'inflation continueront à être modérées pour la zone euro, la BCE maintiendra ses taux bas, a promis M. Draghi, reprenant peu ou prou la formulation adoptée le mois dernier, quand la BCE a rompu avec sa tradition de ne pas se prononcer sur ses décisions futures.

Cet engagement ("forward guidance") sur le modèle de ce que pratiquent d'autres grandes banque centrales, sera "valable jusqu'à nouvel ordre", a précisé jeudi M. Draghi, et ce même s'il n'est pas répété chaque mois.

Le patron de la BCE a également évoqué la possible publication des comptes-rendus des réunions de son conseil des gouverneurs, une mesure à laquelle il est favorable et qui permettait une communication plus transparente de l'institution. C'est un sujet "hautement complexe" et toute décision devra être prise "de manière véritablement consensuelle" par les 23 membres du conseil des gouverneurs, soit les 17 patrons de banques centrales de la zon euro et les six membres du directoire. Il a précisé que le directoire ferait une proposition en ce sens au conseil des gouverneurs "à l'automne".

La publication de ces comptes-rendus ne représentera une "valeur ajoutée dans la communication" que si "elle ne menace pas notre crédibilité", a-t-il dit, mettant en garde contre une "politisation" des décisions de politique monétaire. Il a laissé entendre que les discussions ne seraient pas entièrement détaillées et que chaque gouverneur devra se sentir à l'aise avec leur contenu.