Le surendettement guette chaque année plusieurs milliers de Belges. Pour conscientiser les consommateurs au risque que représente ce phénomène, neuf organismes animeront demain une "journée sans crédit". Car si le crédit est un facteur bénéfique pour le développement de l'économie et pour le bien-être social, il peut aussi constituer un danger.

Cible principale des organisateurs de la journée sans crédit : l'ouverture de crédit. On la retrouve sous plusieurs formes, comme une carte de crédit, un compte où l'on peut descendre en négatif ou encore une réserve d'argent auprès d'un organisme financier spécialisé dans les prêts. L'ouverture de crédit, encore appelée "credit revolving", est un contrat qui permet à un emprunteur d'utiliser de l'argent mis à sa disposition, à concurrence d'un montant maximum. Il doit ensuite rembourser au moins une partie de ce qu'il doit au prêteur mais peut à nouveau puiser à tout moment dans la réserve d'argent sans qu'un nouveau contrat soit conclu.

Selon les statistiques de la Centrale des crédits aux particuliers, tenues par la Banque nationale, les défauts de paiement pour les ouvertures de crédit sont en augmentation. Ils ont grimpé de 5,6 pc en 2004 et de 3,6 pc l'an dernier. Conclure un tel contrat sans être suffisamment informé de ses implications peut mener à la spirale du surendettement. D'où la volonté de sensibiliser le public lors d'une journée spécialement dédiée à ce problème.

"Une plate-forme pluraliste travaille depuis des mois à élaborer une documentation sur le sujet et un cahier de revendications politiques", explique Antoinette Brouyaux, porte-parole du Crioc, le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs. "Nous voulons notamment attirer l'attention des parlementaires sur une proposition de directive en discussion, qui pourrait menacer certains piliers de la protection des consommateurs, comme la Centrale des crédits aux particuliers", explique Monique Van Dieren, porte-parole des Equipes populaires.

Parmi les neuf organisateurs, on retrouve aussi bien des organismes francophones que des néerlandophones. "Le crédit à la consommation reste une matière fédérale", rappelle Antoinette Brouyaux. Et ils sont de différentes tendances, comme les Equipes populaires (pilier chrétien) et le Verbruikersateljee (pilier socialiste). Cette plate-forme pluraliste organisera des animations dans plusieurs villes de Belgique (Bruxelles et une quinzaine de villes réparties équitablement entre Flandre et Wallonie) samedi, pour rappeler les dangers du crédit contracté sans conscience de ses risques.