Grâce à la levée de fonds de deux millions d'euros, réalisée juste avant le confinement, la start-up Seraphin lance son assurance habitation par imagerie satellite. "Une technologie innovante et prometteuse en Belgique", lance Tanguy Bocquet, co-fondateur et directeur du développement de Seraphin. L'ambition est affichée, devenir une plateforme de référence en Belgique.

Déjà actif sur les produits d'assurance auto et moto, qui représente "une part prépondérante de notre chiffre d'affaires", la jeune pousse belge se diversifie avec ce nouveau type d'assurance et sa nouvelle technologie "qui permet de déterminer le prix de l'assurance de façon très précise."

Les imageries satellites (similaires à celle qu'utilise Google Maps) sont couplées à d'autres données disponibles en open data. "Nous ne pouvions pas nous contenter des algorithmes de Google qui privilégient une estimation plutôt qu'une exactitude", explique Thomas Sohet, CTO. "Pour prendre un parallèle, Google vous amènera dans la bonne rue mais peut-être pas à la bonne maison. Évidemment dans le cadre des assurances, cela n'était pas suffisant."

"Couvrir le risque de manière extrêmement fiable"

A partir de l’adresse donnée par le client, son outil d'intelligence artificielle repère sur des images vues du ciel les caractéristiques de l’habitation. Le volume de la maison, la surface du toit, la superficie du terrain, piscine ou jardin... votre maison n'aura plus de secret pour votre courtier. "Toutes ces informations permettent aussi d'établir le juste prix et de couvrir le risque de manière extrêmement fiable."

D'autres détails, comme la présence d'une cave, doivent être précisés dans un questionnaire supplémentaire. "C'est l'une des seules choses qu'on ne peut pas savoir", ajoute Tanguy Bocquet.

En plus de ces images satellites, la start-up utilise les bases de données du géoportail de la Wallonie, de Bruxelles et de Flandre, ainsi que celle de CadGis (le plan parcellaire cadastral belge). "Cela nous permet de connaître par exemple, la distance du poste de police, la présence d'une zone inondable ou encore de connaître le nombre de façades d'une habitation".

La sortie de ce nouveau produit a nécessité quatre mois de travail intensif et a mobilisé toutes les parties prenantes de Seraphin pour rendre l'assurance "enfin simple", sourit Tanguy Bocquet.

Seraphin compte un million de visiteurs par an sur le site provenant de Belgique francophone et 4.000 clients, dont la moyenne d'âge est de 35 ans. Un public cible sensible aux produits en ligne. "On veut être un catalyseur dans ce domaine", conclut le cofondateur de Seraphin.