Le géant pétrolier Royal Dutch Shell a annoncé lundi qu'il allait passer une charge charge exceptionnelle de 3,5 à 4,5 milliards de dollars pour dépréciations et restructurations au vu de perspectives moroses pour le secteur pétrolier.

Les résultats ajustés des activités de forage de pétrole et gaz devraient ressortir en perte "au regard du contexte actuel pour les prix pétroliers", souligne notamment Shell dans un communiqué. Les prix ont fortement chuté cette année à cause de la pandémie de coronavirus qui a fait s'effondrer la demande d'hydrocarbures.

Shell rappelle que ses flux de trésorerie réagissent aux variations des prix pétroliers et gaziers à hauteur de 6 milliards de dollars par an par changement de dix dollars.

9 000 licenciements d'ici 2022?

Le baril de Brent coté à Londres valait autour de 50 dollars lundi, plus de dix dollars de moins que l'an dernier à la même période, et le WTI coté à New York s'échangeait autour de 47 dollars le baril.

La production de pétrole et gaz devrait en outre avoir pâti d'un ouragan dans le golfe du Mexique et du temps doux en Europe du Nord sur la première moitié du quatrième trimestre, précise le communiqué.

Le groupe souligne que l'utilisation de ses raffineries devrait se situer entre 72% et 76% sur le trimestre, témoignant d'une faible demande,

Le géant des hydrocarbures était revenu dans le vert au troisième trimestre et entend récompenser ses actionnaires, après une perte abyssale au trimestre précédent du fait de l'effondrement des cours causé par la pandémie.

Comme son concurrent BP, Shell a été contraint de lancer une profonde restructuration qui doit lui permettre de s'adapter à des cours plus faibles et de remplir son objectif de "verdir" ses activités et d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

Shell veut en particulier réduire drastiquement ses coûts, ce qui passe par la suppression de 7 000 à 9 000 postes d'ici 2022.