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Entreprises & Start-up

Sinfilo, la star montante des télécoms

Mathieu Van Overstraeten

Publié le - Mis à jour le

Hotspot est le nouveau mot à la mode dans le secteur des nouvelles technologies. Il s'agit du mot anglais qui désigne un point d'accès public à l'Internet rapide sans fil, ce qu'on appelle le «Wi-Fi».

Un «hotspot» n'est en réalité qu'un simple émetteur que l'on installe dans un lieu très fréquenté pour obtenir une connectivité sans fil dans un rayon de 30 à 100 mètres. On en trouve dans des aéroports, dans des restaurants routiers ou dans des centres de conférence par exemple. Ils s'adressent surtout aux travailleurs toujours en mouvement qui peuvent ainsi, grâce à un ordinateur portable équipé d'une carte adéquate, surfer à une vitesse comparable à celle de l'ADSL ou du câble sans devoir s'échiner à trouver une prise téléphonique. La vitesse de transfert maximale de la technologie «Wi-Fi» est en effet de 11 Mégabits par seconde, soit beaucoup plus que les 30 ou 40 kilobits par seconde proposés par les opérateurs de téléphonie mobile dans le cadre de leurs offres GPRS.

Des grands acteurs comme Belgacom ou Telenet ont tout récemment compris le potentiel de cette technologie et ont commencé à déployer des «hotspots» en Belgique. Mais tous deux ont déjà un retard considérable sur Sinfilo, un petit Poucet limbourgeois qui, en seulement quelques mois, est devenu le leader belge du «Wi-Fi».

Aucun subside

Sur une terrasse de la Grand-Place de Hasselt, où Sinfilo a installé un de ses 71 «hotspots» - il devrait y en avoir 150 à 200 d'ici la fin de l'année -, les trois fondateurs de la société, âgés de 25 à 28 ans, retracent en toute décontraction leur parcours assez étonnant.

Koen Martens et Wim Houben sont des entrepreneurs dans l'âme. A 15 ans, ils avaient déjà créé ensemble leur société d'organisation de soirées. En 1999, ils se lancent dans la création de sites web. Pas sans mal d'ailleurs, même en pleine folie Internet. «Nous avons fondé notre société en y investissant chacun 87000 francs belges, c'est-à- dire juste de quoi acheter un peu de matériel informatique», expliquent-ils. «Même pour obtenir cette somme, nous avons dû faire le tour de cinq banques.»

Pour eux, c'est clair: les jeunes entrepreneurs ne sont pas aidés en Belgique. «Nous n'avons jamais reçu le moindre subside, que ce soit de la ville de Hasselt, de la province du Limbourg, de la région flamande ou de l'état fédéral», disent-ils. «Qu'on ne vienne donc pas se plaindre après d'un manque d'esprit d'entreprise.»

L'UMTS concurrencé

Pour lever les fonds à même de créer Sinfilo, les trois jeunes limbourgeois ont également éprouvé les pires difficultés. Mais pour des raisons différentes cette fois-ci. Lorsqu'ils présentent leur projet à des investisseurs fin 2001, le marché s'est complètement retourné et les «business angels» ont refermé leurs portefeuilles.

Ce qui n'empêche pas les compères de croire dur comme fer dans les «hotspots», qui commencent alors à se répandre aux Etats-Unis. Koen Martens et Wim Houben ont découvert cette technologie en travaillant pour la société d'informatique néerlandaise Cobweb, dont ils ont lancé la filiale belge quelques mois plus tôt. C'est aussi via Cobweb qu'ils rencontrent Jeroen Meens, le troisième larron de Sinfilo. «Nous avions notamment vu le potentiel de l'Internet sans fil en installant un des plus gros réseaux du genre à la Provinciale Hogeschool du Limbourg: 220 émetteurs et 4500 utilisateurs», expliquent-ils. «Mais au sein de Cobweb, il n'y avait ni espace ni intérêt pour les hotspots. Nous avons donc choisi notre propre voie après avoir peaufiné notre business plan dès que nous avions un moment de libre.»

N'ayant pas réussi à lever des fonds, les trois entrepreneurs déploient tout de même 14 «hotspots» en bénéficiant de l'aide de Siemens. Les résultats de ce test sont suffisamment convaincants pour qu'un investisseur privé s'intéresse à eux. Mais pas question de savoir qui, ni combien il a injecté dans Sinfilo. «Les intérêts sont trop gros», expliquent les trois entrepreneurs. «Il faut savoir en effet que l'avènement du Wi-Fi risque fortement de concurrencer l'UMTS, une technologie d'Internet mobile dans laquelle les opérateurs GSM ont déjà investi énormément.» Alors que le lancement de l'UMTS est sans cesse reporté, l'usage des «hotspots» Sinfilo croît en effet de 8pc par semaine. Si cette progression se poursuit, la petite société qui emploie aujourd'hui 12 personnes devrait commencer à générer du cash fin 2004.

© La Libre Belgique 2003

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