Aller ou ne pas aller en Chine ? De nombreuses entreprises belges se posent encore la question. C’est notamment le cas des PME, qui hésitent à franchir le pas alors que le marché chinois s’impose, de plus en plus, comme "the place to be" pour toute entreprise voulant grandir.

Certaines sociétés belges ont déjà mis plus qu’un pied sur le gigantesque marché chinois. Avec succès, d’ailleurs. Mais il s’agit majoritairement de grosses sociétés, comme Solvay, Bekaert ou IBA. En revanche, on y trouve encore peu d’entreprises de taille moyenne, en particulier celles actives dans l’innovation technologique.

Un projet né d’une frustration

Philippe Snel, avocat belge basé à Shanghai depuis plus de dix ans, aspire à ce que les choses changent. "Depuis 5-6 ans, nous a-t-il expliqué lors d’un bref passage à Bruxelles, on assiste à une transition de l’économie chinoise dans le domaine technologique. Il y a, en Chine, une véritable faim pour les technologies de pointe." De surcroît, ajoute l’avocat d’affaires du cabinet De Wolf Law Firman Shangai, les capitaux sont disponible s en masse dans l’Empire du Milieu. "Mais, malgré un contexte porteur, on ne voit pas encore de réelles transactions (rachats, partenariats…) se concrétiser entre des PME technologiques belges et des investisseurs chinois. Pour moi, c’est une véritable frustration car la mutation actuelle de l’économie chinoise offre des possibilités de business sans précédent pour ces PME."

Soutenu par quelques entrepreneurs belges et chinois, Philippe Snel a convaincu plusieurs partenaires, dont la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) et le groupe Solvay, de mettre sur pied un dispositif - baptisé Sinnolabs (Shanghai Innovation Labs) - destiné à accompagner les PME technologiques belgo-européennes les plus performantes à se lancer et à se développer en Chine. Inauguré le 5 juillet dernier à Shanghai, Sinnolabs a été officiellement présenté cette semaine à Bruxelles, en présence notamment de Koen Van Loo, l’administrateur-délégué de la SFPI, et d’Alexis Brouhns, "senior executive" vice-président de Solvay.

Sinnolabs se concrétisera par la mise en place d’un programme d’accélération de douze mois pour une série de PME triées sur le volet. "Nous voulons effectivement que ces PME rassemblent déjà un certain nombre de caractéristiques avant de se lancer dans le programme Sinnolabs", indique M. Snel. Elles devront, notamment, disposer d’une technologie déjà bien établie dans les domaines ciblés par les autorités chinoises (biosciences, nouveaux matériaux, ICT, énergies vertes, automatisation), avoir une équipe de management aguerrie ou encore disposer d’actionnaires convaincus par le choix stratégique de se lancer en Chine.

Tour exploratoire

En contrepartie, Sinnolabs s’engage à fournir, aux PME sélectionnées, un accès privilégié à des experts et "mentors" belgo-chinois, aux autorités publiques et aux principaux acteurs économiques chinois, ainsi qu’aux responsables de fonds d’investissement.

Afin de lancer le projet, Sinnolabs va organiser, du 30 octobre au 5 novembre, son premier "China Innovation Exploratory Tour". "On va proposer à cinq entreprises technologiques belges de passer une semaine en Chine pour évaluer, sur le terrain, les potentiels de business", conclut Philippe Snel.


Infos : www.sinnolabs.com