L’ASBL belge DNS.BE, fondée en 1999 par une poignée d’acteurs du secteur belge des entreprises actives notamment dans le domaine des télécoms, a diffusé tout récemment son rapport annuel d’activités que "La Libre" a compulsé. Celui-ci indique quelques tendances intéressantes sur la manière dont les entreprises utilisent les noms de domaines internet que distille DNS.BE. Et par exemple, comme nous l’explique Olivier De Doncker, assistant ULB en information et communication, "on note que la part des particuliers reste très faible dans la demande de noms de domaines, alors que la demande commerciale reste très ferme (72 %). On note aussi que ces noms de domaine sont de plus en plus fréquemment utilisés ponctuellement par des organisations qui gèrent des événements".

En effet, dans ce rapport de 68 pages, on lit que 2008 a finalement été une nouvelle année record pour les noms de domaine belges avec une croissance nette de près de 17 % pour un total de 860000 noms existants. La croissance nette est le nombre de nouveaux sites enregistrés (+ 15% à 222915 noms) dont on ôte le nombre de noms de domaines "libérés". Dans 30,30 % des cas, l’enregistrement est effectué par une entreprise étrangère (contre 27,3 % en 2007). Le gestionnaire belge des noms de domaine note au passage que "cette forte croissance 2008 donne à DNS. BE les moyens de réduire sensiblement le prix par nom de domaine". Depuis février dernier, les agents ne paient plus que 2,50 € contre 3 € par nom, ce qui devrait "favoriser une nouvelle augmentation du nombre des noms de domaine, et d’autres investissements dans la qualité". La professionnalisation des opérateurs de site s’affirme : un seul détenteur gérant en moyenne 7 noms de domaine, un quart d’entre eux seulement n’en détenant qu’un seul. De la même manière, trois quarts des noms de domaine demandés s’accompagnent désormais d’une adresse e-mail dédiée, ce qui montre que "ceux qui enregistrent un nom ont l’intention d’en tirer parti ".

Mais ces pros de l’internet ont aussi une autre approche, puisque "l’ancienneté" des noms de domaine diminue, prouvant, avec la suppression de 34 % des noms enregistrés un an auparavant, montrant la tendance à n’utiliser ces noms que sur une période limitée pour un événement unique. Et les sites "hots" ? On n’en compte que 1,6 % seulement (contre 2,4 % en 2007).

Les détenteurs de noms de domaine ont appris enfin la leçon des "rachats" spéculatifs de noms et reconduisent leurs contrats, laissant très peu de place aux spécialistes de l’appropriation de noms convoités. Et, en cas de litige, le plaignant (exemple : Deceuninck en 2008) récupère son bien dans 9 cas sur 10. Depuis 2000, DNS.BE intervient dans le règlement alternatif des litiges (ADR), et depuis 2007, règle 50 % des frais d’avocat du plaignant s’il a gain de cause.