Des programmes comme MSN Messenger et Skype peuvent menacer la sécurité informatique des entreprises en véhiculant des virus, des vers, des chevaux de Troie, et autres joyeusetés de ce type. C'est du moins ce qu'affirme Johan Celis, spécialiste sécurité chez Symantec, le numéro un mondial de la sécurité informatique.

S'exprimant à l'occasion du salon «Infosecurity», qui se tient ces 22 et 23 mars à Grand-Bigard, celui-ci a précisé que les logiciels de messagerie instantanée et de téléphonie par Internet tels que Messenger et Skype font clairement partie des nouvelles cibles des «hackers». Selon Symantec, environ 2400 types d'attaques contre des programmes de messagerie instantanée ont été répertoriées en 2005, ce qui représente une augmentation de 1693pc par rapport à 2004.

Avec Belgacom

«Plus un programme est populaire, plus il fait l'objet d'attaques», dit Johan Celis. «Cela se vérifie avec l'apparition des premiers virus destinés aux Mac par exemple».

Pour le spécialiste sécurité de Symantec, les entreprises ne peuvent ni ignorer le succès de Messenger et de Skype, utilisé par un nombre croissant d'employés à des fins tant privées que professionnelles, ni bloquer ces logiciels. «Ce serait une mesure à la fois impopulaire et techniquement compliquée», dit-il.

Il estime dès lors que le meilleur moyen d'éviter les problèmes est de créer une solution qui sécurise l'ensemble des moyens de communication: e-mail bien sûr, mais aussi messagerie instantanée, téléphonie par Internet, et même les «streamings» audio et vidéo.

«Ce type de produit n'existe pas encore, mais nous avons déjà fait un grand pas il y a deux mois en rachetant la société IMlogic, spécialisée dans la sécurisation des messageries instantanées», dit Johan Celis.

La filiale belge de Symantec travaille par ailleurs avec Belgacom à l'aspect sécurité de l'offre de téléphonie par Internet que l'opérateur belge devrait lancer dans le courant de cette année. On parle de cet été.

«La téléphonie par Internet offre une foule d'opportunités, mais elle pose aussi des problèmes importants», dit Wouter Mariën, de Symantec Belgique. «A commencer par la confidentialité et la fiabilité. Avec cette nouvelle technologie, il est plus aisé d'intercepter des conversations téléphoniques. La qualité des connexions n'est pas non plus garantie, ce qui n'est pas forcément compatible avec les obligations légales en matière d'appels d'urgence par exemple».

Et ce n'est pas tout. Après les «spams» que l'on reçoit par e-mail, voici les «spits» via la téléphonie par Internet. Soit des messages publicitaires non sollicités qui arrivent sous forme d'appels téléphoniques. «Si la téléphonie par Internet devient un aussi gros succès que l'e-mail, on peut craindre que le «spit » suive la même voie que le spam», soupire Johan Celis.

© La Libre Belgique 2006