Le constructeur automobile DaimlerChrysler va supprimer cette année un tiers des emplois, principalement en Allemagne, au sein de sa filiale de petites voitures Smart qui cumule des pertes évaluées à 3,5 milliards d'euros depuis son lancement en 1998. L'objectif de ce plan de restructuration d'un coût de 1,2 milliard d'euros est «une réduction des coûts d'environ 30pc d'ici deux ans», a indiqué vendredi le groupe germano-américain dans un communiqué.

Quelque 700 emplois seront supprimés dès cette année sur un effectif total d'environ 2200 salariés. Le site principal de Smart en Allemagne à Boeblingen près de Stuttgart (sud-ouest) sera durement touché, avec 600 suppressions d'emplois, selon le comité d'entreprise de DaimlerChrysler. A plus long terme, d'ici 2007, près de 400 emplois supplémentaires pourraient disparaître. Au final, le plan de restructuration doit permettre à Smart de revenir dans le vert en 2007.

Selon une source proche de l'entreprise, Smart a perdu plus de 400 millions d'euros l'an dernier. Depuis sa création, il a englouti une somme évaluée à près de 3,5 milliards d'euros. En parallèle, DaimlerChrysler a annoncé une complète révision de la stratégie de développement de sa filiale. Le constructeur met un terme à la production du modèle Smart Roadster, dont les ventes sont jugées insuffisantes. Il abandonne également le projet de tout terrain Formore, dont le développement était déjà gelé depuis de long mois. Il envisage également de collaborer avec d'autres constructeurs pour exploiter le moteur trois cylindres de ses futurs modèles. Les analystes évoquent régulièrement l'hypothèse d'une collaboration avec Peugeot, beaucoup plus expérimenté dans la construction de petites voitures.

La Belgique touchée?

«Il est encore trop tôt pour évoquer les conséquences de la restructuration en Belgique», a affirmé vendredi après-midi Erik Van den Heuvel, le porte-parole de DaimlerChrysler en Belgique. «En Belgique, seule une soixantaine de personnes travaillent dans le réseau de distribution de Smart. Si la restructuration entraîne des répercussions, elles seront très faibles», a encore assuré le porte-parole.

Selon ce dernier, les ventes de Smart en Belgique sont passées de 1980 unités en 1999 - année de la reprise par le groupe - à 3100 véhicules vendus en 2004, soit une hausse de plus de 50pc. Parallèlement, la part de marché de la marque en Belgique s'élevait, à la fin de l'année passée, à 0,46pc, contre 0,19pc en 1999.

© La Libre Belgique 2005