START-UP DE LA SEMAINE | Caroline Basecqz, fondatrice et CEO de la start-up Smartbeam, a développé un outil de gestion des chantiers de construction. Après la Belgique et le Luxembourg, Smartbeam se lance en France.

© Smartbeam

Caroline Basecqz (présente sur notre photo en compagnie de Florent Coninck, cofondateur), que l’on suit depuis ses premiers pas dans l’écosystème belge des start-up technologiques (elle était venue "pitcher" son projet devant le jury du One Hour Challenge en octobre 2016 ), fait figure d’ovni. On peut vous assurer que les femmes ayant créé une start-up "tech" dans le secteur de la construction ne courent pas les rues ! À vrai dire, du côté francophone, on ne connaît qu’elle.

Diplômée en construction et en architecture de l’École polytechnique de l’UCLouvain, Caroline Basecqz, 31 ans, a tiré profit d’une première expérience professionnelle au sein du groupe industriel belge CFE et d’un séjour à San Francisco pour bâtir ce qui allait devenir, en janvier 2017, Smartbeam. À savoir, une plateforme "Software-as-a-Service" (SaaS) permettant de connecter les entreprises de construction, les architectes et les maîtres d’ouvrage afin d’améliorer le suivi budgétaire des chantiers, "sans avoir à jongler entre emails et tableaux Excels" (à la fois chronophage et source d’erreurs). Et qui dit meilleur suivi budgétaire (depuis les appels d’offres jusqu’à la facturation finale), dit réduction des risques et augmentation des marges.

Dans un secteur de la construction qui a tardé à faire sa révolution numérique, Smartbeam, au même titre que d’autres solutions (on pense, notamment, à LetsBuild), n’a pas eu trop de mal à convaincre les donneurs d’ordre (entreprises générales, bureaux d’architecture, etc.) de la valeur ajoutée de sa solution. Certains grands comptes - parmi lesquels Thomas&Piron, Louis De Waele ou encore CIT Blaton - ont déjà fait appel à Smartbeam.

La start-up, qui a récemment quitté Bruxelles pour s’installer à Ottignies, est passée à la vitesse supérieure en mai dernier, avec une première augmentation de capital de 850 000 euros. Menée par Sambrinvest, des membres du réseau Be Angels (dont François Van Uffelen), ainsi que plusieurs business angels belges et internationaux, cette levée de fonds doit servir à enrichir la plateforme et à amorcer l’internationalisation du business en démarrant par la France (en plus de la Belgique et du Luxembourg).

Devenir une référence pour le suivi financier des chantiers

"Nous sortons, cette semaine, la version bêta d’une application mobile qui va permettre de répondre aux besoins des conducteurs de travaux (personnes qui supervisent les travaux et coordonnent l’ensemble des exécutants, NdlR). Aujourd’hui, la plupart d’entre eux utilisent des plans, des carnets des notes, des photos, etc., pour faire le suivi des chantiers et le reporting auprès des gestionnaires, qui vont devoir eux-mêmes encoder toutes les informations pour rédiger les états d’avancement des sous-traitants" , explique la jeune CEO. En un mois de tests, Smartbeam est déjà parvenue à "embarquer" quinze gros chantiers sur son application mobile. "Nos clients sont hyper emballés", souligne Caroline Basecqz . "Avec l’app, on crée un lien entre les bureaux et les chantiers en offrant une visibilité, en temps réel, sur l’avancement des travaux et le suivi des coûts." La prochaine étape sera de développer une interface Web.

L’autre défi, à court terme, est le lancement de Smartbeam sur le marché français. Caroline Basecqz a déjà eu l’occasion de pitcher devant quelques géants français du secteur (Bouygues, Eiffage, Vinci…). "Notre ambition est de devenir, en Europe, la plateforme et l’application de référence pour le suivi financier des chantiers." Le Moyen-Orient pourrait aussi se profiler comme un débouché intéressant à moyen terme.

Discrète sur les chiffres financiers, Caroline Basecqz, qui pilote une équipe de cinq… hommes, dont deux associés (Florent Coninck et Vincent Canuel), se limite à dire que les revenus et l’effectif de Smartbeam suivent une courbe ascendante. Trois engagements sont programmés dans les mois à venir.

Ce qu'il faut (encore) savoir sur Smartbeam

La start-up a été fondée en 2017 par Caroline Basecqz. Elle a été rejointe, depuis lors, par deux cofondateurs : Florent Coninck (COO) et Vincent Canuel (CTO).

Investisseurs : Digital Attraxion/Sambrinvest, le réseau Be Angels et différents investisseurs privés.

Site : https://www.smartbeam.co

Particularité : Caroline Basecqz faisait partie des dix nominées aux “PropTech Global Awards” 2019.