Test-Achats enfonce une nouvelle fois le clou : la Belgique stagne dans le ventre mou du classement européen des pays les plus attractifs en matière de téléphonie mobile. Notre pays reste en effet systématiquement à bonne distance des "paradis du mobile" que sont les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne. Petit exemple pour s’en convaincre : l’opérateur virtuel néerlandais Simpel permet de téléphoner 45 minutes et d’envoyer 33 SMS pour 5 euros par mois ! Le client belge trouvera la meilleure offre chez Aldi Talk pour 8,52 euros (voir infographie). Aldi Talk, lui aussi MVNO (opérateur virtuel), truste ainsi la 6e place de cette étude ayant scanné plus de 1 500 formules dans huit pays européens.

Quel que soit le profil envisagé, à savoir léger, médium, intensif ou accroc aux SMS, les offres belges sont exclues du Top 5 de l’étude.

Proximus et Mobistar, respectivement n°1 et 2 sur le marché belge, traînent chaque fois en fond de classement, aux alentours des vingtièmes places, voire encore plus bas. Pour rappel, Proximus a augmenté ses anciens tarifs de 3,95 % en mai, imité quelque temps après par Mobistar. La seule éclaircie dans ce tableau concerne les formules spéciales pour SMS, où les opérateurs belges remontent dans le Top 15 grâce à quelques plans tarifaires spécifiques. Base s’en sort un peu mieux : il offre toujours de meilleurs prix que Proximus et Mobistar, et propose même la 7e offre la moins chère dans la catégorie "light".

Question prix, l’étude menée par les associations de consommateurs met en avant les opérateurs alternatifs, ou virtuels, à tout le moins pour les usagers légers. Encore très minoritaires en terme de parts de marché, ils n’en sont pas moins nombreux : Toledo, Aldi Talk, Mobile Vikings, TMF Mobile, RSCA Mobile, Sudpresse Mobile, Jim, Ortel, Post Mobile ou encore Allo RTL pour la Belgique. En tout, on compte aujourd’hui quelque 150 offres tarifaires en Belgique, mais le choix n’est pas toujours des plus simples. L’optique "discount" des opérateurs virtuels creuse l’écart par rapport aux trois opérateurs classiques. L’infographie montre que c’est toujours l’un d’entre eux qui est premier.

Pour Test-Achats, les causes du manque de compétitivité belge ne sont que trop connues : manque de concurrence, imbroglio des tarifs de terminaison, absence d’un régulateur fédéral fort, comme c’est par exemple le cas aux Pays-Bas. Test-Achats dénonce le fait que les décisions de l’IBPT sont "systématiquement attaquées par les opérateurs de réseau".

Il est vrai que l’inertie en matière d’évolution tarifaire cause des situations pour le moins étranges : le prix d’un SMS belge oscille en général entre 0,08 et 0,15 euro, alors qu’il ne peut excéder 0,13 euro en tarif roaming (depuis le 1er juillet). Le consommateur paie donc parfois plus cher chez lui qu’à l’étranger ! Même paradoxe pour les communications. "Y a-t-il une explication sensée à cela ?", interroge Test-Achats, qui plaide pour un plafonnement des SMS "belges" à 0,06 euro. Un abaissement du prix d’un SMS national à maximum 6 centimes n’est pas possible, selon Vincent Van Quickenborne, ministre de l’Economie. L’Europe, selon lui, n’accepterait pas.