Les résultats trimestriels publiés mardi par certaines valeurs vedettes américaines ont de quoi donner des inquiétudes. General Motors a annoncé une perte nette de 1,1 milliard de dollars au premier trimestre, contre un bénéfice net de 1,2 milliard un an plus tôt. La seule division automobile en Amérique du Nord affiche une perte de 1,3 milliard de dollars (lire aussi ci-dessous).

Le numéro un mondial de la pharmacie Pfizer a vu son bénéfice net chuter de 87pc à 301 millions de dollars. Il a particulièrement pâti du retrait de son anti-inflammatoire Bextra, mais aussi des impôts payés sur le rapatriement de bénéfices réalisés à l'étranger.

Exception

La banque d'affaires Merrill Lynch crée, elle, une bonne surprise avec un résultat net pourtant en recul de 3pc mais supérieur aux prévisions. Idem pour Coca-Cola qui a annoncé un bénéfice net en baisse 11pc mais un bénéfice par action (hors éléments exceptionnels) supérieur aux attentes des analystes.

Quant au groupe pharmaceutique Johnson et Johnson, il fait figure d'exception avec un bénéfice en hausse de 17pc à près de 3 milliards d'euros.

Saison des confessions

Malgré ces résultats, pour certains d'entre eux peu enthousiasmants, l'indice Dow Jones a ouvert dans le vert hier. Etonnant?

Peut-être pas tant que cela. Tout d'abord, le marché avait déjà réagi la semaine dernière aux performances peu réjouissantes d'IBM. De plus, comme l'explique Emmanuel Lefèvre, stratégiste en actions à la Fortis Banque, il y a traditionnellement avant la publication des résultats, «la saison des confessions» où certaines sociétés préviennent le marché des mauvaises nouvelles à venir. Cela permet de «limiter la casse».

Et puis, selon Emmanuel Lefèvre, ces résultats «ne sont pas vraiment une surprise». Tout le monde était conscient que 2005 serait une année de transition et que les entreprises américaines n'arriveraient pas à réitérer les excellentes performances de 2004 (bénéfice par action en hausse de 20pc) réalisées notamment grâce à des vastes plans de restructuration.

Le consensus pour la croissance du bénéfice par action des 500 entreprises de l'indice Standard&Poor's est de 11,8pc en 2005.

Une croissance qui paraît raisonnable par rapport à 2004, poursuit Emmanuel Lefèvre, si l'on tient compte de la progression du produit national brut américain, de l'inflation, des gains en productivité (2pc) et de la croissance structurelle des entreprises (6pc). A quoi s'ajoute l'effet positif sur les résultats des programmes de rachat d'actions lancés par de nombreuses sociétés.

A noter que cette prévision du bénéfice par action est assez proche de celle (10,7pc) pour les 600 valeurs européennes comprises dans le DJ Stoxx 600.

Bien sûr, il s'agit d'une moyenne. Certains secteurs se portent mieux que d'autres. Ainsi, les prévisions pour les groupes pétroliers restent plutôt favorables. En revanche, les investisseurs semblent afficher des doutes sur l'évolution de la croissance conjoncturelle. Ce qui explique en partie la moins bonne performance du Nasdaq (-12pc depuis le début de l'année), la bourse des valeurs de croissance.

© La Libre Belgique 2005