En période de vaches maigres, c’est d’abord le salaire du patron qui attire les regards. Et, chez Solvay, l’adaptation correspond au contexte. En 2008, Solvay a réalisé un résultat net de 449 millions d’euros en recul de 46 pc par rapport à 2007. Outre la diminution du résultat opérationnel, il a subi l’effet de la réduction de valeur de 309 millions d’euros actée sur les titres détenus dans Fortis.

Pour 2008, Christian Jourquin, le président du comité exécutif, a demandé au conseil d’administration de réduire sa rémunération variable à 216 093 €, alors qu’il lui en proposait 616 093 € et qu’elle atteignait 906 421 € l’année d’avant. Au total, sa rémunération a atteint 990 359 € : 40 pc de moins que le 1 661 772 € de 2007.

Encore une économie dans l’air du temps, du côté des stock-options attribuées aux cadres supérieurs du groupe. L’enveloppe a un peu minci en un an, de 120 000 € options en 2007 à 112 000 € l’an dernier.

Le total des rémunérations accordées aux membres du conseil d’administration a, lui, au contraire, augmenté : de 1 491 998,63 € en 2007, on est passé à 1 675 594,48 €.

Mesures de crise

Autre information intéressante, dans la préface du rapport signée par le CEO et le président du conseil d’administration, Aloïs Michielsen : les investissements prévus pour 2009 seront limités. "Ils seront recentrés sur une dizaine de projets stratégiques , lit-on. Et la réalisation des autres projets sera ralentie." Au total, l’enveloppe dédiée aux investissements ne comptera que 638 millions d’euros (c’est 682 millions de moins qu’en 2007).

Il y a trois autres mesures de crise. D’abord, le fonds de roulement (déjà réduit en 2008 par rapport à 2007) fera l’objet d’un contrôle renforcé.

Ensuite, les frais commerciaux et administratifs seront réduits.

Et enfin, l’allure de la production continuera à être adaptée à la demande des marchés. La demande en certains produits a fortement chuté, en particulier sur le marché de la construction et de l’automobile. En novembre et décembre, la suppression d’équipes d’intérimaires et la récupération d’heures supplémentaires et de congés reportés a permis d’éviter l’accumulation de stocks. A noter qu’en 2007 et 2008, des restructurations ciblées ont coûté 2 000 postes de travail dont plus de 400 dans le cadre de la restructuration de la branche pharmaceutique (300 millions d’euros à économiser d’ici 2 010) et plusieurs fermetures de sites chimiques et plastiques. D’autres sont annoncées pour 2009, dont la fermeture de l’usine de Benvic à Jemeppe.