Le géant japonais de l’électronique Sony a annoncé jeudi qu’il allait supprimer 10.000 emplois et vendre ou fermer onze de ses 65 usines d’ici 2007 pour faire face à ses difficultés financières.

Sur les 10.000 emplois supprimés, 4.000 le seront au Japon et 6.000 à l’étranger, selon un communiqué.

Le groupe prévoit en outre de réaliser 120 milliards de yens (73,8 mds EUR) de cessions d’actifs d’ici la fin de son exercice 2007/2008, au cours duquel il espère atteindre l’objectif de chiffre d’affaires de 8.000 milliards de yens, et une marge d’exploitation de 5%.

«Sony n’est plus l’unique alternative sur le marché», a reconnu lors d’une conférence de presse le PDG du groupe, l’Américain d’origine galloise Sir Howard Stringer, en référence à la concurrence acharnée à laquelle il est confronté.

«Nous devons être continuellement compétitifs et agressifs. Nous devons être comme les Russes défendant Moscou face à Napoléon. Nous devons nous battre comme les guerriers de Sony que nous sommes», a-t-il lancé.

Grâce aux suppressions d’emplois, aux cessions ou fermetures d’usines et aux cessions d’actifs non stratégiques, Sony espère parvenir à des réductions de coûts de 200 milliards de yens d’ici la fin de l’exercice 2007/2008. 80% de ces réductions devraient être réalisées d’ici mars 2007.

Le nouveau plan stratégique de Sony, présenté jeudi par Sir Howard, prévoit de revoir de fond en comble l’organisation du groupe et de se concentrer sur les produits électroniques de haute définition, ainsi que sur les jeux vidéo et le divertissement (musique et cinéma).

Sony a par ailleurs lancé jeudi un nouvel avertissement sur résultat, en raison des coûts de restructuration liés à ce plan stratégique.

Il s’attend désormais à une perte nette de 10 milliards de yens à la fin de son exercice 2005/2006. Il tablait auparavant sur un bénéfice net de 10 milliards de yens.

Nommé PDG en juin et placé au pied du mur, Sir Howard a pour mission de ressusciter le secteur électronique de Sony (qui représente 70% des ventes annuelles du groupe) avec l’aide du directeur général Ryoji Chubachi et du chef comptable Nobuyuki Oneda.

Les analystes estiment que la faiblesse actuelle de Sony réside dans l’absence de produits-phares capables de servir de locomotive pour la marque comme ce fut le cas dans le passé.

Deux secteurs emblématiques sur lesquels Sony a construit sa renommée mondiale sont en crise: les téléviseurs et l’audio portable. Une situation insupportable pour le créateur des tubes cathodiques «Trinitron» et du Walkman.

Ainsi, Sony a vu Apple lui rafler la vedette sur le segment audionumérique avec la gamme iPod qui a d’emblée remisé le Walkman au placard. Il a aussi sous-estimé le potentiel de technologies comme les cristaux liquides (LCD) sur le marché de la télévision à écran plat, laissant son compatriotes Sharp ou les sud-coréens Samsung et LG Electronics s’engouffrer dans la brèche.