Le premier Boeing 787 Dreamliner sort au grand jour dimanche près de Seattle (nord-ouest), étape importante pour l'avionneur américain alors que le carnet de commandes de ce biréacteur à la technologie révolutionnaire est plein jusqu'en 2015.

Plus de 15.000 personnes sont attendues aux abords de l'usine géante de Boeing à Everett, à 40 km au nord de Seattle, pour assister à partir de 15H30 (22H30 GMT) à l'apparition en grande pompe du Dreamliner, le premier nouveau Boeing depuis le long-courrier 777 il y a 13 ans.

Dans l'intervalle, la technologie aéronautique a beaucoup progressé et c'est désormais un avion construit à 50% en composites que Boeing propose à ses clients, la plus importante utilisation de ces plastiques de pointe dans un jet commercial. Tout le fuselage et les ailes sont notamment réalisés en résines de fibres de carbone, un matériau deux fois plus léger et deux fois plus résistant que l'aluminium.

Le Dreamliner, "à conditions de vol comparables, va consommer 20% de carburant en moins que les avions de même taille d'aujourd'hui", selon Boeing, qui souligne aussi les bénéfices induits pour l'environnement. L'entreprise évoque en outre une réduction d'un tiers des coûts d'entretien.

Ces arguments ont déjà convaincu 47 clients, qui ont signé 677 commandes fermes. La sortie du 787 s'effectue dans un climat d'euphorie pour Boeing, qui a vendu 35 appareils rien que samedi, 25 à la compagnie allemande Air Berlin et 10 au loueur koweïtien Alafco.

La compagnie australienne Qantas a également annoncé qu'elle allait convertir en commande une option d'achat pour 20 Dreamliner, portant à 85 sa future flotte de cet appareil. Ce sera toutefois la compagnie japonaise ANA qui mettra le premier 787 en service, en mai 2008, quatre ans après l'avoir commandé.

Compte tenu de l'état actuel du carnet de commande, Boeing, qui affirme avoir réalisé le "meilleur lancement d'un avion commercial de (son) histoire", ne devrait pouvoir honorer que vers 2015 une nouvelle commande de 787 signée aujourd'hui, selon le responsable du programme, Mike Bair.

Le Dreamliner sera disponible en trois versions, moyen ou long-courrier, de 210 à 330 places. Vendu entre 146 et 200 millions de dollars au prix catalogue, l'appareil a jusqu'à 15.750 km d'autonomie et pourra donc relier sans escale New York à Manille ou Moscou à Sao Paulo, possibilités jusqu'ici réservées à des avions plus gros comme le 777 et le 747.

Contrairement à ces derniers appareils, ou à l'A380 géant d'Airbus qui doit effectuer ses premières rotations commerciales quelques mois avant lui, le Dreamliner vise à relier des villes moyennes entre lesquelles des lignes commerciales n'existaient pas jusqu'ici.

Parmi ces liaisons directes potentiellement rentables pour un avion de moyenne capacité, l'avionneur cite notamment Seattle-Shanghaï, Boston-Athènes ou Madrid-Manille. A l'intérieur, Boeing promet aux passagers un confort accru, avec notamment des hublots bien plus grands que sur les modèles actuels, équipés d'un film qui pourra s'opacifier par commande électrique. Les 787 recevront aussi un système de contrôle des turbulences inédit.

Grâce aux composites, la cabine sera pressurisée à 2.000 m d'altitude, contre 2.700 m sur les autres avions et l'humidité de l'air sera réglée à environ 15% contre quasiment zéro aujourd'hui, ce qui devrait signifier la fin des yeux secs et des maux de tête. Après la cérémonie de dimanche, Boeing va se remettre au travail pour lancer le programme d'essais du 787, avec un premier vol envisagé à la fin de l'été.