LIBRE ECO WEEK-END | START-UP DE LA SEMAINE

Sortlist est une plateforme qui permet de trouver l’agence qui répondra le mieux aux exigences des entreprises clientes.

C’est la software company belge à plus forte croissance ces cinq dernières années, rien que ça. En tirant profit de la fragmentation du marché du marketing et de la communication, Sortlist, l’ex-jeune pousse wavrienne, affiche désormais le statut de “scale-up” (start-up en forte croissance).

Au commencement, en 2014, ils étaient quatre. Nicolas Finet, Charles De Groote, Michael Valette, Thibaut Vanderhofstadt, “à l’image du cliché des geeks dans leur chambre”, ont cofondé Sortlist : une plateforme de mise en relation entre entreprises et prestataires marketing ou développement web. “À l’époque, on constate que la digitalisation bouleverse complètement le monde des entreprises”, explique Nicolas Finet en charge du marketing et de la stratégie.

Aujourd’hui, ils sont plus de 70 collaborateurs, répartis un peu partout en Europe. Bien que basée à Wavre, Sortlist est également établie à Bruxelles, à Paris, à Madrid et depuis janvier, à Hambourg et à Rotterdam. “On commence à cadenasser le marché européen”, se réjouit Nicolas Finet, qui dénombre des clients “dans plus de 40 pays différents et 300 .000 visiteurs par mois sur la plateforme.”

En plus d’une volonté d’expansion affichée, les ambitions de ces cofondateurs sont énormes. “Avoir le même impact qu’Amazon a eu dans le B2C mais dans le B2B (business to business)”, annonce Nicolas Finet.

Pour ce faire, “de manière gratuite et instantanée”, Sortlist a développé une plateforme en ligne, de plus en plus perfectionnée, qui permet de trouver très rapidement l’agence qui répondra le mieux aux exigences des entreprises clientes. Grâce à une base de données et à des algorithmes d’intelligence artificielle, la plateforme analyse les demandes et propose une liste de prestataires qui correspondent le mieux aux attentes des clients.

© D.R.

Un annuaire intelligent “qui match”

Une sorte d’annuaire intelligent présenté comme “le Tinder du marketing”, s’amuse Nicolas Finet. La plateforme ne propose pas seulement une liste de prestataires, elle y associe un pourcentage “de correspondance selon les critères souhaités”. Que ce soit la langue du prestataire, sa localisation ou le budget disponible… tout est analysé. “On parle de match car il est important que ça aille dans les deux sens”, explique le trentenaire en charge du marketing. “Tant le client que l’agence doivent vouloir travailler ensemble.”

Après une première levée de fonds de 500 000 euros et, l’année dernière de 2 millions d’euros, apportés par Sambrinvest et trois business angels belges, Sortlist connaît une croissance exponentielle et un chiffre d’affaires qui double chaque année.

L’objectif annoncé de conquérir le marché européen est presque atteint. “Avec 25 % du chiffre d’affaires”, la France représente pour le moment le plus gros marché de Sortlist. “Même si la Belgique est notre marché historique, il représente une part de plus en plus petite vu notre croissance." C’est l’Italie qui sera la prochaine cible des quatre garçons, qui ont déjà ouvert le domaine internet. “On veut au minimum s’ouvrir à un nouveau marché tous les six mois et si possible continuer l’expansion de la société avec un plus gros rythme”, confie Nicolas Finet.

On voit mal ce qui pourrait arrêter le développement de Sortlist, tant tout réussi à ces quatre entrepreneurs. De la concurrence peut-être ? Il n’y en a aucune sur le marché actuel “à part en Espagne mais on l’a racheté il y a déjà deux ans”, sourit Nicolas Finet. “Il existe effectivement des produits similaires mais je les qualifierais plutôt d’alternatives que de concurrents.” Ces alternatives sont en majorité présentes aux États-Unis, “un marché que l’on surveille mais que l’on ne vise pas… pour le moment.”