L’agence de notation Standard & Poor’s (S & P) révise de “négative” à “stable” la note à long terme de la Belgique. Bonne nouvelle pour l’Etat qui va pouvoir stabiliser les taux auxquels il emprunte pour payer les intérêts de sa dette. La stabilité institutionnelle a été saluée. Les efforts budgétaires aussi. Mais la compétitivité reste un souci. La Belgique a retrouvé une crédibilité sur les marchés financiers.

Une bonne nouvelle qui tombe à pic pour Elio Di Rupo et son gouvernement à un peu moins de trois mois des élections. L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a révisé vendredi de “négative” à “stable” la perspective associée à la note à long terme de la Belgique. Les notes à long terme “AA” et à court terme “A-1+” ont ainsi été confirmées. Et la perspective “stable” indique que la probabilité que la note soit modifiée, à la hausse ou à la baisse, est inférieure à un sur trois. Une bonne nouvelle donc car elle permettra à la Belgique de stabiliser les taux auxquels elle finance sa dette de 400 milliards d’euros. Pour rappel, au plus fort de la crise politique, l’Etat belge se refinançait à un taux de 6% pour les emprunts à dix ans contre environ 2,3 % aujourd’hui.

S&P met en avant plusieurs éléments positifs. Un: notre économie a plutôt bien résisté à la crise économique et financière en affichant une croissance économique supérieure à celle de la moyenne de la zone euro. Pour rappel, le Bureau du plan table pour 2014 sur une croissance de 1,4%. S&P s’attend à une croissance annuelle moyenne, en termes réels, de 1,2% sur la période 2014-2017.


Risque bancaire revu à la baisse

Deux: la “stabilisation” du cadre institutionnel belge avec la sixième réforme de l’Etat “qui laisse présager une prévisibilité et une efficacité accrues des politiques publiques”. S&P estime que le déficit budgétaire belge – évalué à -2,8% du PIB en 2013 (voir notre infographie)– restera inférieur à la moyenne européenne. Un chiffre inférieur à la norme des 3% du PIB est d’ailleurs attendu pour la période 2014-2017. Autre élément positif: une dette globalement stabilisée et sous le seuil psychologique des 100% du PIB. Trois: un risque bancaire revu à la baisse. “Le secteur bancaire s’est globalement renforcé”, note S&P. Qui ajoute: “Les actifs représentaient 2,8 fois le PIB à la mi-2013, contre 4,7 fois en 2007. La réduction du bilan des banques belges s’est accompagnée d’une réduction de leurs expositions aux activités les plus risquées, sans pour autant restreindre le financement de l’économie. Dans l’ensemble, les banques belges ont également amélioré leur niveau de capital réglementaire”, ajoute encore l’agence de notation. En particulier, S&P chiffre le risque Dexia à fin 2013 à 43,7 milliards d’euros (NdlR : 11,1% du PIB), soit le montant total des garanties qui pourraient en théorie être activées par l’Etat belge en cas de défaut de paiement des débiteurs de ce qui reste de la banque franco-belge.


Attention à la compétitivité

Croissance, déficits, dette, stabilité institutionnelle et risque bancaire: tous les indicateurs évoluent donc globalement dans la bonne direction. Aucun nuage donc à l’horizon ? Attention, pas si vite... Car dans son analyse, l’agence de notation met en avant certains réserves. D’abord S&P prévient qu’elle pourrait revoir ses prévisions à la baisse pour notre pays en cas de reprise plus lente que prévu en France et aux Pays-Bas, deux pays qui figurent parmi nos principaux partenaires commerciaux. Ensuite, sur la question toujours sensible de la compétitivité, S&P estime que le “pacte de compétitivité” adopté par le gouvernement l’an dernier est insuffisant pour améliorer significativement la compétitivité des entreprises belges. Et de pointer les rigidités de notre marché du travail et l’écart défavorable au niveau du coût du travail avec les pays limitrophes qui risquent d’hypothéquer le potentiel de croissance de l’économie belge à moyen et long terme. Enfin, S&P se montre sceptique sur l’engagement du gouvernement à renouer avec un surplus budgétaire à l’horizon 2016. Bref, si l’annonce de S&P de vendredi est assurément une bonne nouvelle, la vigilance reste de mise...