Bertrand Ringot a pris cette décision au motif que l'entreprise partenaire, Centurylink, n'a pas répondu aux demandes de prise en charge financière du raccordement au réseau public d'électricité des 9 antennes de télécommunications qui seraient installées, selon l'arrêté municipal daté du 26 avril, qu'a consulté mercredi l'AFP.

Dans un courrier du 5 mars, M. Ringot avait par ailleurs demandé à l'entreprise de fournir des documents "prévus par les textes", en français, sur l'exposition aux champs électromagnétiques générées pour les personnes travaillant ou vivant à proximité. Sans réponse, dit-il.

"Je n'étais pas spécialement pour ou contre le projet, mais au fil du temps, on s'est rendu compte qu'on n'avait pas beaucoup d'informations sur l'impact", notamment sur la question de la santé, a-t-il déclaré à l'AFP. L'élu avait rendu en novembre un avis favorable, avant de se raviser avec un avis défavorable en mars.

Centurylink pourra soit redéposer un permis modifié, soit contester en justice l'arrêté, selon M. Ringot, qui assure avoir refusé le permis après un avis technique défavorable de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM).

Neuf dômes

La société SpaceX, dirigée par Elon Musk, voudrait installer sur cette commune du littoral proche de Dunkerque (aire urbaine de 200.000 habitants), neuf dômes de 1,5 m de diamètre dans un enclos de 240 m2.

Ils communiqueraient avec les satellites privés que le milliardaire est en train de mettre en orbite à une altitude relativement basse pour fournir un internet haut débit, partout sur le globe, avec un temps de réponse très rapide.

Les fusées SpaceX ont à ce jour mis en orbite autour de la Terre environ un millier de satellites pour ce projet d'envergure mondiale baptisé Starlink. Pour se connecter au réseau terrestre, le réseau Starlink a aussi besoin, au sol, de quelques stations relais équipées de dômes et de grandes antennes.

En France, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) en a autorisé trois, à Villenave d'Ornon (Gironde), Gravelines et Saint-Senier-de-Beuvron (Manche), mais dans ce dernier village de 350 habitants, la mairie s'y oppose par principe de précaution.

Le 18 février, l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) a officiellement accordé les fréquences des petits terminaux qui serviront aux futurs clients pour accéder à ce réseau.