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Le ministre Jean-Claude Marcourt (PS), en charge du Numérique, et l’association des éditeurs francophones belges, lapresse.be, ont tenu à faire le point sur les nouveaux moyens mis en œuvre par le ministre pour nettoyer les forums, pages Facebook et espaces de commentaire des principaux sites d’information francophone du pays.

Ainsi, lalibre.be et dh.be (IPM Group) ont déjà opté, depuis trois mois, pour le système Moderatus, conçu par Netino, société spécialisée et réputée dans le domaine de la modération. Netino s’occupe d’une écrasante majorité des sites d’info français. Les sites et pages Facebook des médias du groupe Rossel et Nethys ont emboîté le pas sans tarder.

"Ce qui est dit sur les forums tient de la responsabilité morale des éditeurs. Il faut laisser cet espace de commentaires car il fait partie de l’ADN du Web. Mais il faut fixer des limites", explique Daniel Van Wylick, président de lapresse.be. Selon lui, la suppression de cet espace n’était pas la solution. C’est pourquoi l’alliance des médias d’information a choisi la modération externe, professionnelle. Pour le ministre Marcourt, la problématique était "très importante, il y avait trop de commentaires ignobles".

Modération humaine

Le système de modération mis en place est basé sur une charte personnalisée pour chaque rédaction. Il bénéficie de l’intervention d’un superviseur et de modérateurs dédiés, formés aux spécificités de la publication concernée (ligne rédactionnelle, public cible, etc.).

En moyenne, près de 10 % des commentaires sont rejetés. Dans plus de la moitié des cas, le commentaire est refusé à cause d’un contenu insultant et agressif; dans un cas sur dix, Netino a constaté un appel à la violence. Dans un cas sur vingt, c’est en raison de propos racistes que le commentaire est rejeté. Enfin, dans 3 % des cas, le commentaire avait une vocation publicitaire (de type "spam").

"Nous pensions que le fait de s’identifier suffirait à éviter ces problèmes, mais l’identification n’est en fait pas une garantie de sobriété", constate Daniel Van Wylick.

Le travail de modération est toujours effectué par des humains, précise Christian Missia Dio, superviseur de modération pour Netino en Belgique. "Il y a une part de subjectivité qu’une machine ou un algorithme ne peut percevoir, comme l’ironie par exemple."