"Le nombre de pays qui rencontrent des problèmes en même temps a augmenté de manière dramatique et ils viennent demander le soutien du FMI, en conséquence nous avons besoin de plus de ressources", a déclaré M. Strauss-Kahn dans cette interview. Il a qualifié de "pas immense" l'offre de 100 milliards de dollars de prêt au FMI faite samedi par le Japon, indiquant qu'ainsi, le Fonds "a suffisamment de ressources pour affronter le problème aujourd'hui".

"La question est d'être capable d'affronter le problème dans six mois, et je pense que tous les chefs d'Etats et de gouvernements sont conscients de la nécessité d'avoir un FMI fort", a-t-il dit, suggérant que le Fonds aurait sans doute besoin de 100 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à la demande. Il a indiqué que le FMI cherchait à "apporter un filet de sécurité pour protéger la partie la plus vulnérable de la population des conséquences de l'ajustement" actuel.

M. Strauss-Kahn a par ailleurs laissé entendre qu'il verrait favorablement de futures baisses de taux par la Banque centrale européenne (BCE). "Dans certaines parties du monde, le Japon, les Etats-Unis, les taux d'intérêt ont été beaucoup abaissés, et cela peut être réalisé de manière plus agressive dans d'autres parties", a-t-il dit.

"Je pense qu'actuellement la BCE a de la marge pour abaisser les taux d'intérêt, mais quoi qu'il en soit l'accent doit être mis sur la politique budgétaire", a-t-il ajouté, par allusion à la décision prise ce week-end par les pays présents au sommet du G20 à Washington de favoriser les politiques de relance budgétaire. La BCE a abaissé son taux directeur de cinquante points de base le 6 novembre, pour le ramener à 3,25%.