Le Français Dominique Strauss-Kahn est un "mauvais candidat" au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI) qui a besoin d'une personne "intellectuellement crédible" à sa tête, estime mardi le quotidien économique Financial Times (FT).

"Il est le mauvais candidat, choisi de la mauvaise façon", estime le FT dans un éditorial, regrettant que les pays de l'Union européenne lui aient apporté leur soutien. Le FMI ne contrôlera bientôt plus que le vingtième des réserves monétaires mondiales, son action ne repose donc plus que sur sa "légitimité politique" et son "autorité intellectuelle", affirme le FT.

"Le Fonds a besoin d'une personne intellectuellement crédible à sa tête. Mais personne ne peut soutenir que M. Strauss-Khan est le candidat le plus qualifié dans le monde de par son expérience, son intelligence ou sa formation", estime-t-il. L'ancien ministre français des Finances semble plus "être candidat à la présidence de la Banque mondiale" qu'à celle du FMI à force d'affirmer qu'une de ses priorités serait de "combler l'écart entre pays riches et pays pauvres". "Le rôle du FMI est la stabilité macroéconomique", martèle le quotidien. Le FT dénonce également la méthode de désignation du directeur général du Fonds qui risque de miner son action.

"Les pays émergents ne comprennent plus pourquoi les Européens devraient décider qui a le pouvoir de leur dicter ce qu'ils doivent faire en cas de crise, comme si leurs vieux empires existaient toujours", note-t-il, craignant que le Fonds y perde sa légitimité. Aux termes d'une règle non écrite, l'Europe désigne le directeur général du FMI tandis que les Etats-Unis choisissent le président de la Banque mondiale.

Outre le Français, l'ancien ministre tchèque Josef Tosovsky, soutenu par la Russie, est officiellement candidat à la direction du FMI. Tous deux devront être auditionnés au siège de l'institution après le 31 août, date limite pour le dépôt des candidatures.