Deutsche Bank a admis, pour la première fois, avoir fait "des erreurs" dans la crise américaine des prêts hypothécaires à risque, un coup de semonce pour le secteur bancaire qui croyait jusqu'à présent la plus grosse banque allemande à l'abri de la tourmente.

Ces faux pas devraient peser sur ses bénéfices au troisième trimestre, a averti le Suisse Josef Ackermann, le président de l'entreprise financière. La banque va, en effet, devoir réévaluer la valeur d'engagements de crédits pour des acquisitions d'un montant total de 29 milliards d'euros. De plus, la banque ne pourra pas embaucher environ 4000 nouveaux employés d'ici la fin de l'année, contrairement à ce qu'elle avait prévu.

Jusqu'à présent, le navire amiral de la finance allemande avait semblé être relativement épargné par la tempête. Josef Ackermann avait encore rassuré les marchés au début du mois de septembre en déclarant que les effets de la crise se feraient sentir sur l'activité vente, courtage et financement aux entreprises de la banque en août. Il était toutefois resté confiant concernant les bénéfices, faisant valoir que l'exposition de Deutsche Bank au marché "subprime" était limitée. Mais l'inquiétude a pointé à la Bourse de Francfort ces derniers jours : alors que Deutsche Bank réalise plus des deux tiers de ses bénéfices dans la banque d'investissement, les analystes estimaient qu'elle ne pourrait pas sortir indemne de la tempête. Jeudi, l'action a perdu 1,89 pc à 92,39 euros, s'inscrivant parmi les plus fortes baisses d'un DAX en recul de 0,20 pc.

Le Suisse a également reconnu à mots couverts l'implication de son institut dans la déroute de la banque IKB qui a frôlé la faillite cet été après avoir investi plus que de raison sur le secteur du "subprime". (AFP)