Le Fonds monétaire international a chiffré mardi à 945 milliards de dollars le coût de la crise actuelle pour le système financier mondial, dont 565 milliards générés par l'exposition des banques au secteur subprime (prêts immobiliers à risque). "La crise a dépassé les confins du marché américain du subprime, pour toucher concrètement les principaux marchés immobiliers d'entreprise et d'habitation, le crédit à la consommation et le crédit aux entreprises ", a expliqué le FMI, dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde.

Une grande première

C'est la première fois que l'institution financière internationale livre officiellement une estimation chiffrée des pertes globales des banques et autres établissements financiers dans cette crise née aux Etats-Unis. Mi-février, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait fait état d'estimations du Fonds évaluant à 400 milliards de dollars les pertes liées à la crise du crédit hypothécaire à risque américain. Le montant de 945 milliards de dollars inclut " d'autres catégories de prêts et de titres initiés ou émis aux Etats-Unis et se rapportant à l'immobilier commercial et au crédit à la consommation et aux entreprises ", a précisé le Fonds dans ce rapport inhabituellement précis et sévère.

Il est à noter par ailleurs que les grands argentiers de la planète se retrouveront en fin de semaine à Washington, pour examiner une série de mesures radicales, voire iconoclastes, destinées à empêcher l'actuel ralentissement économique de déboucher sur la plus grave crise depuis un demi-siècle.

Les assemblées semestrielles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), samedi et dimanche, seront précédées, vendredi, de la traditionnelle réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale du Groupe des Sept (G7).

Les débats porteront " sur les causes et conséquences des récentes perturbations sur les marchés financiers et la façon dont les responsables publics et privés répondent à ce défi ", selon le Trésor américain. Contrairement à d'autres crises récentes, les pays développés - et en particulier les Etats-Unis - seront au centre des préoccupations, alors que les économies émergentes continuent à bien résister.

Le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) discutera de " la contagion éventuelle à l'économie réelle des turbulences sur les marchés financiers et de la résistance de l'économie de la zone euro à ces turbulences ", a-t-on indiqué. "Il semble y avoir un consensus international " sur la nécessité pour les banques de se montrer transparentes sur leur exposition à la crise immobilière américaine et sur leur situation financière, a-t-on ajouté.

Le FMI devrait traduire dans les faits les inquiétudes, en abaissant de près d'un demi-point sa prévision pour la croissance mondiale à 3,7 pc en 2008. " Ce n'est pas un ralentissement dramatique, mais c'est un ralentissement important ", a souligné son directeur général Dominique Strauss-Kahn.