La direction fait état d'une "forte mobilisation" au siège à La Défense, où 200 salariés selon la CGT ont manifesté mardi matin.

Selon Franck Reinhold von Essen, secrétaire (CGT) du comité de groupe européen de Suez, la moitié des salariés du siège présents sur le site (beaucoup sont en télétravail) ont suivi le mouvement.

"Ca nous conforte dans l'idée que le personnel est opposé à cette OPA, qui marquerait un démantèlement du groupe", a-t-il indiqué à l'AFP.

Le projet prévoit que Veolia revende à l'issue de son OPA la branche eau de Suez au fonds d'investissement Meridiam, pour éviter de se retrouver en situation de monopole dans ce domaine.

Le groupe compte 90.000 salariés dans le monde, dont 30.000 en France, et 11.000 dans le domaine de l'eau. La mobilisation dans les sites européens du groupe n'était pas encore connue à la mi-journée.

"On est en résistance mais on ne tire pas les ficelles, ça se passe au niveau du Conseil d'administration d'Engie (qui a reçu une offre d'achat de Veolia sur 29,9% de sa participation), on va être les dindons de la farce", dit le délégué CGT. "On ne peut qu'alerter l'opinion publique, les décideurs et les collectivités locales qui sont concernés parce que c'est l'eau, le déchet. Le fait d'avoir deux groupes leaders permet aux collectivités locales d'avoir le choix et instaure une émulation saine en termes d'innovation et de concurrence", ajoute-t-il.

Dalenda Drissi, une salariée de Suez adhérente à FO interrogée par l'AFP à La Défense a indiqué "craindre pour nos emplois. Qui dit OPA, dit licenciement, doublon. Donc nous, nous souhaitons garder nos emplois, nous souhaitons rester Suez."

"Cette opération ne peut que se traduire par une casse sociale importante, qu'on chiffre à plusieurs milliers d'emplois sur le territoire, dans les grandes métropoles où les deux groupes sont présents", estime M. Reinhold.

L'intersyndicale va écrire au Premier ministre pour être reçue, indique-t-il.

Le président d'Engie a annoncé lundi qu'il étudierait attentivement un "nouveau projet" de Suez si le spécialiste de la gestion de l'eau et des déchets, dont Veolia veut acheter à Engie les 29,9% qu'il possède, parvenait à lui présenter rapidement "une offre alternative".