Gérard Mestrallet, le patron de Suez, a tenté de calmer les esprits vendredi après les frictions apparues jeudi en raison notamment des nouvelles exigences de la Commission européenne à propos des concessions à faire dans le cadre de la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). "Le processus de fusion n'est pas menacé", a-t-il dit à la radio BFM.

Il a aussi essayé de faire taire les rumeurs selon lesquelles il y aurait des frictions entre les deux groupes en raison notamment de luttes de pouvoir. "A ce stade de la réflexion", les deux groupes suivent des principes "de parité et d'équité" dans la définition des équipes dirigeantes à venir. "C'est une fusion d'égaux entre deux grands groupes, [...] qui ont leur fierté, il est essentiel de respecter les deux cultures, les équipes, les savoir-faire et les traditions", a-t-il déclaré.

Il a aussi confirmé que les deux groupes ont proposé des remèdes supplémentaires au niveau des activités gazières pour répondre aux exigences de la Commission européenne.

Approvisionnement

Suez vendrait sa participation dans Distrigaz (filiale de Suez). Toutefois, il disposerait de 70 TWh (contrats d'approvisionnement à long terme) afin de sécuriser les besoins d'approvisionnement gazier d'Electrabel pour alimenter ses centrales et fournir ses clients. "Les ventes totales de gaz naturel de Gaz de France et de Suez s'élèvent à plus de 1 100 TWh en 2005", rappelle un communiqué conjoint publié hier soir par les deux sociétés.

Le nouveau groupe conserverait la totalité de ses clients résidentiels en Belgique.

Pour ce qui est de la société Fluxys (transport, stockage et terminalling), elle devrait être divisée en deux. D'un côté, Fluxys S.A sera axée sur les activités de réseau. Suez en céderait le contrôle en ramenant sa participation à 45 pc. Publigaz (derrière lequel se trouvent les communes belges) pourrait avoir une participation équivalente de 45 pc. Quant à Fluxys International (terminal et hub de Zeebrugge), il serait contrôlé à 60 pc par Suez. Les 40 pc restants seraient à répartir en d'autres actionnaires. La gestion du terminal serait faite par Fluxys S.A.

Ces nouvelles concessions sont des "ajustements" tout à fait "classiques", a expliqué vendredi M. Mestrallet.

La Commission européenne doit rendre sa décision pour au plus tard le 24 novembre.

Concernant la parité financière de la fusion, Gérard Mestrallet a aussi voulu battre en brèche les rumeurs selon lesquelles ce serait un point de friction entre les deux groupes. "Il y a un temps pour tout, le temps des actionnaires viendra en dernier", a répété le PDG de Suez. "La parité était équitable au début de l'année, elle doit être équitable à la fin de l'année", laissant entendre que le dividende exceptionnel versé aux actionnaires de Suez pour compenser la différence de valeur des actions devrait être plus important que l'euro prévu jusqu'à présent.

© La Libre Belgique 2006