Les quelque 5.000 suppressions de postes prévues par Airbus en France doivent concerner "deux tiers de cols blancs et un tiers de cols bleus", a affirmé jeudi à l'AFP la CFTC, alors que la direction informait les syndicats au siège toulousain du détail des coupes prévues en France.

"D'après les chiffres qu'on a vus, les suppressions de postes c'est deux tiers de cols blancs et un tiers de cols bleus", a affirmé à l'AFP Florent Veletchy, délégué syndical central à Airbus de la CFTC, 3ème syndicat du groupe.

"Tout le monde est impacté (...) c'est du jamais vu", a-t-il relevé, rappelant que pour les principaux syndicats du groupe, la ligne rouge était d'éviter "les départs contraints pour toutes les catégories", alors que la direction n'a pas exclu des licenciements secs.

Il s'exprimait alors que se poursuivait un comité de groupe dans les installations de l'avionneur, à Blagnac, dans la périphérie toulousaine, au cours duquel la direction devait détailler les coupes prévues site par site en France après l'annonce mardi d'un plan social prévoyant la suppression de 15.000 postes dans le monde d'ici 2021.

En France, où le groupe compte 49.000 salariés, le ministère de l'Économie et des Finances a dénoncé un plan "excessif", tout comme les syndicats qui ont mis en cause une réaction à court terme, fragilisant les efforts de relance de l'avionneur une fois passée l'onde de choc sur la filière de l'épidémie de Covid.

"C'est une crise grave mais conjoncturelle, on a une charge d'activité pour dix ans", a souligné M. Veletchy, exprimant aussi une "grande inquiétude pour le bassin de l'emploi" dans la région toulousaine, avec les dégâts attendus parmi les sous-traitants d'Airbus.