Suite aux révélations du syndicat chrétien CNE sur une suspicion de faillite frauduleuse des filiales belge, luxembourgeoise et suisse du groupe Camaïeu, relayées par La Libre, les représentants français, belge et luxembourgeois du personnel se mobilisent. Dans un tract publié mardi, ils évoquent la possibilité d'actions syndicales dans les trois pays si leurs demandes ne sont pas rencontrées.

L'intersyndicale s'en prend directement à Joannes Soënen, l'actionnaire majoritaire et CEO de Camaïeu, qui, dans un mail du 12 mars à son département Finances, demandait à ce que l'argent des comptes des filiales remonte vers le compte bancaire général. Joannes Soënen réfute ces accusations. L'homme est aussi candidat repreneur d'une partie des magasins Camaïeu France, qui est en faillite. "Nous n'avons plus aucune confiance en Joannes Soënen", écrivent les syndicalistes. "Notre profonde conviction est qu'il a souhaité le redressement judiciaire de l'entreprise en France pour récupérer sa propre entreprise à moindre coût et en purgeant sa dette. Nous sommes convaincus que, dès le mois de mars, tout était organisé. [...] L'objectif est simple : passer par une faillite et non par un plan social négocié dans les pays concernés, un joli tour de passe à moindre coût pour Monsieur Soënen. L'impact direct pour les travailleurs est qu'ils ne recevront pas l'entièreté de leur indemnité."

Le front commun demande à ce que "la justice des trois pays ouvre des enquêtes sur cette 'faillite' organisée" et que "les pouvoirs publics se mobilisent pour sauver un maximum d'emplois". Les syndicats veulent aussi que le comité de direction de Camaïeu et sa hiérarchie actuels "ne soient pas les futurs repreneurs de l'entreprise" et que soit mis en place "un vrai plan de restructuration négocié avec les syndicats".

Si ces demandes ne sont pas rencontrées, "nous mènerons des action syndicales dans tous les pays représentés", avertit l'intersyndicale.