Le ministre fédéral du Travail, Pierre-Yves Dermagne, a salué mardi matin qu'un accord soit tombé pendant la nuit entre les partenaires sociaux sur plusieurs dossiers sensibles. Le ministre socialiste s'est particulièrement réjoui de l'augmentation des salaires les plus bas, "un combat devenu impératif, vital", s'exprime-t-il dans un communiqué.

Pierre-Yves Dermagne a souligné dans un communiqué qu'environ "70.000 personnes travaillent tous les jours pour moins de 10 euros de l'heure. Dans une société aussi prospère que la nôtre, cette situation est inacceptable. Elle traduit un manque de respect pour ces travailleurs et a des conséquences sociales révoltantes". Selon le ministre, les socialistes ont réclamé que l'augmentation des bas salaires fasse partie de l'accord interprofessionnel. "Nous avons indiqué clairement que les salaires des dirigeants des grandes entreprises ne pouvaient pas augmenter sans limite alors que ceux de ces travailleurs resteraient bloqués au niveau de 2008", assure-t-il dans le communiqué.

Les syndicats ont également leur satisfaction quant à cette augmentation des salaires minimums. "Pour nous, c'est un grand plus", a déclaré Mathieu Verjans, secrétaire national de la CSC/ACV. Le syndicat chrétien parle d'ailleurs d'un "compromis défendable".

Un point de vue que partage le syndicat socialiste. "Les salaires minimums augmentent tant aux niveaux brut que net", complète ainsi Miranda Ulens, secrétaire nationale de la FGTB. "Nous avons fait du mieux que nous pouvions. Nous verrons ce que notre arrière-ban en pense. Mais c'est un équilibre."

Un accord "équitable"

En ce qui concerne la prépension, ou pension avec complément d'entreprise, le dispositif restera en place dès 60 ans. La demande de la FGTB pour abaisser cet âge n'a donc pas été retenue. Quiconque bénéficiera de ce complément devra toutefois rester disponible pour le marché de l'emploi jusque 62 ans ou présenter une carrière de 42 ans. Les employés plus âgés pourront aussi prétendre à des emplois de fin de carrière : une forme de crédit-temps (mi-temps ou quatre cinquièmes) pour rester employé plus longtemps. Ce qui sera possible dès 55 ans.

Pour le syndicat libéral, cela représente déjà un levier important pour "rester au travail" et en même temps "pouvoir atteindre plus facilement l'âge de la pension", commente son président Mario Coppens, qui parle d'un accord "équitable". Il part du principe que le système sera utilisé à grande échelle.

"Nous avons travaillé à améliorer de manière durable et significative la situation de celles et ceux qui aujourd'hui ne peuvent vivre de leur travail et nous voulons offrir une perspective pour les fins de carrière", a souligné Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. Le syndicat va à présent prendre deux semaines pour informer sa base et consulter.

La flexibilité, aspect revendiqué par les employeurs, se traduit sous la forme d'heures supplémentaires. Les heures supplémentaires coronavirus, prestées dans les secteurs mis sous pression dans le cadre de la crise sanitaire, sont refondues sous forme d'heures supplémentaires de relance. Elles seront élargies à toutes les entreprises et tous les secteurs de sorte que, jusque fin 2022, 120 heures supplémentaires pourront être prestées volontairement et bénéficier d'un régime fiscal avantageux tant pour les employeurs que pour les employés.

Ce système doit constituer une "mesure de relance" pour que les entreprises puissent prendre "un nouveau départ" après la crise du coronavirus, espère Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Danny Van Assche, directeur général de l'organisation patronale flamande Unizo, parle de 120 "simples heures supplémentaires attractives tant pour les travailleurs que les employeurs". Les deux organisations, comme les syndicats, évoquent un accord équilibré.