La start-up belge Take Eat Easy s'est placée en redressement judiciaire, annonce mardi sa co-fondactrice, Chloé Roose, dans un communiqué officiel. Mardi matin, il n'était d'ores et déjà plus possible de passer commande sur le site internet de la start-up. Un message était visible annonçant la "fin de l'aventure Take Eat Easy". "Nous avons adoré pouvoir vous livrer depuis les meilleurs restaurants de Bruxelles, Gand, Liège et Anvers. Malheureusement, il est temps pour nous de vous dire au revoir", peut-on lire en anglais et en français.

La co-fondatrice explique le redressement judiciaire par deux facteurs. En premier lieu, les revenus engendrés n'étaient pas encore en mesure de couvrir les dépenses de la start-up. Ensuite, Take Eat Easy n'a pas réussi à lever une nouvelle fois des fonds, pourtant tant attendus.

"Durant les huit dernières semaines, nous avons désespérément essayé de trouver des solutions pour maintenir l'entreprise à flot. Nous avons travaillé en parallèle sur des solutions de financement et d'acquisition. Malheureusement, aucune de ces solutions ne s'est matérialisée. (...) Nous avons été contraints de nous placer en redressement judiciaire", écrit encore Adrien Roose.

"En une année, nous avons connu une croissance mensuelle de plus de 30%, franchi le cap du million de commandes, accru notre portfolio de restaurants partenaires de 450 à 3.200 et notre base de clients de 30.000 à 350.000. Et malgré ça, nous sommes aujourd'hui en redressement judiciaire", regrette Chloé Roose.

Lundi soir, "Le Soir" annonçait que la start-up était en vente, faute d'investisseurs, et ne sachant plus faire face à son expansion dans différentes villes d'Europe.

3 ans après sa création

Fondée à Bruxelles en septembre 2013 après être passée par l'incubateur Nest'Up, Take Eat Easy, la start-up spécialisée dans la livraison de repas à domicile à vélo, fait office de pépite dans le genre. En 2015, elle a réussi à lever 16 millions d'euros en deux opérations, auprès de l'incubateur allemand Rocket Internet, mais aussi des fonds d'investissement britanniques DN Capital et Piton Capital, ainsi que du fonds Eight Roads Ventures (filiale européenne du géant Fidelity). De quoi financer son expansion notamment dans d'autres villes belges que la capitale.

Elle s'est en effet d'abord attaquée au marché international, avec la France, le Royaume-Uni et l'Espagne, avant de se lancer à Anvers, Liège et Gand en 2016. Elle couvrait 20 villes, au total. Take Eat Easy a grandi de 10 à 160 personnes.

En mai dernier, Take Eat Easy se vantait de compter plus de 250 restaurants partenaires dans la capitale belge et de livrer entre 500 et 1.000 commandes par jour en fonction des saisons.

Take Eat Easy fait cependant face à une concurrence sérieuse, principalement de Deliveroo, une start-up britannique débarquée il y a un peu moins d'un an en Belgique.