Le groupe sidérurgique indien est lourdement endetté et il doit faire des économies. Les pertes d'emplois vont principalement toucher les Pays-Bas. Mais quel avenir pour l'usine Segal à Ivoz-Ramet (province de Liège) ?

Lors d'un conseil d'entreprise européen organisé à Amsterdam lundi, la direction de Tata Steel Europe a annoncé un lourd plan de restructuration, avec jusqu'à 3000 emplois sur 21.000 qui pourraient être supprimés. Ces suppressions concerneront principalement les Pays-Bas (2500 emplois y sont menacés) et, pour les deux tiers, des postes administratifs.

Entre autres arguments de justification avancés : une conjoncture défavorable dans le secteur de la sidérurgie, avec une baisse de la demande d'acier, un problème chronique de surproduction à l'échelle mondiale et la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

En Belgique, Tata Steel possède une usine à Ivoz-Ramet, Segal, fleuron du groupe qui emploie environ 140 personnes, et a un site d'emballage à Duffel (province d'Anvers). A ce stade, aucune information n'a été divulguée aux organisations syndicales sur l'impact de cette restructuration sur les différents sites du groupe hors des Pays-Bas, indique Karim Nouichi, délégué principal FGTB à Segal.

"On nous a présenté en plan en dix mesures, dont une seule est un peu précise, celle qui concerne les suppressions d'emplois", précise Karim Nouichi. Les détails du plan devraient être divulgués le 27 novembre, à l'occasion d'un autre conseil d'entreprise qui se tiendra à Cardiff (Pays de Galles).

"La maison-mère indienne veut que Tata Steel Europe, qui est lourdement endetté, trouve 750 millions d'euros. Elle a réinjecté de l'argent dans sa filiale mais à condition qu'elle s'auto-finance à l'horizon de mars 2021", signale le syndicaliste. Comment ? Là non plus, aucune précision n'a été apportée par la direction européenne.

En mai, Tata Steel avait annoncé renoncer à son projet de fusion avec le groupe sidérurgique autrichien ThyssenKrupp, face aux exigences de la Commission européenne qui voulait que les deux entités se séparent de certains actifs, afin d'éviter une situation de monopole. Avant d'abandonner ce mariage, Tata Steel avait choisi de revendre l'usine liégeoise Segal. Une mise en vente pourrait-elle faire faire partie du plan d'économies de Tata Steel Europe ? "Tous les scénarios pour Segal sont possibles", commente Karim Nouichi.